JO de Los Angeles 2028 : COST parie sur onze athlètes
Onze athlètes, cinq fédérations et un même horizon : Los Angeles 2028. En attribuant des bourses olympiques à ses sportifs, le Comité olympique et sportif tchadien (Cost) veut transformer les ambitions individuelles en projet national. Reste désormais à convertir les moyens accordés en performances sur la scène internationale.
À moins de deux ans des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar et avec Los Angeles 2028 déjà dans le viseur, le Comité olympique et sportif tchadien (COST) a choisi d’investir dans ses athlètes. Onze sportifs issus de cinq fédérations nationales viennent de bénéficier de bourses destinées à renforcer leur préparation vers les grandes échéances internationales.
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Dans un pays où les infrastructures sportives restent insuffisantes et où les athlètes doivent souvent compter davantage sur leur détermination personnelle que sur un véritable système d’accompagnement, cette initiative du COST mérite d’être soulignée. Car le talent seul ne suffit plus dans le sport moderne. Il faut des entraîneurs, des équipements, un suivi médical, des compétitions régulières et surtout des moyens financiers.
Onze athlètes pour porter les ambitions du Tchad
L’athlétisme compte trois bénéficiaires : Betoudji Valentin pour le marathon, Mingueyam Esther sur les distances de 200 et 400 mètres et Sani Ibrahim dans les courses de haies. La première poursuit sa formation au Centre international de développement de l’athlétisme de Dakar, tandis que Sani Ibrahim prépare ses échéances à Jos, au Nigeria.
La gymnastique, discipline encore en quête de reconnaissance au Tchad, concentre cinq athlètes parmi les bénéficiaires. Le taekwondo est représenté par Betel Casimir, le tir à l’arc par Madaye Israel et le tennis de table par Tidiane Putola.
Ces derniers poursuivent également une partie de leur préparation en France. Une ouverture vers l’extérieur qui confirme une réalité : pour atteindre le haut niveau, les athlètes tchadiens ont besoin d’être confrontés régulièrement aux meilleures structures et aux compétitions internationales.
Des bourses, mais aussi des exigences
Le président du COST, Gal Idriss Dokony Adiker, l’a clairement rappelé aux bénéficiaires : les ressources mises à leur disposition doivent servir exclusivement à la préparation sportive. Encadrement technique, entraînement, préparation physique et médicale, équipements et participation aux compétitions qualificatives constituent les principales priorités. Derrière cette aide financière se dessine donc une exigence, celle de la rigueur, de l’assiduité et de la discipline.
Le COST entend d’ailleurs suivre régulièrement l’utilisation des fonds et l’évolution des performances. Une précaution nécessaire dans un environnement sportif où les financements, lorsqu’ils existent, ne produisent pas toujours les résultats espérés.
La lutte contre le dopage figure également parmi les engagements demandés aux athlètes. Le message est clair : représenter le Tchad ne signifie pas seulement courir, combattre ou viser une cible. C’est aussi porter une responsabilité et défendre une certaine idée de l’éthique sportive.
Le défi commence après la remise des chèques
La cérémonie terminée, le véritable travail commence. Les bourses constituent une opportunité, mais elles ne garantissent ni qualification ni médaille. Entre le soutien financier et le podium, le chemin reste long.
Le COST joue néanmoins une carte essentielle : celle de l’anticipation. Préparer Los Angeles 2028 aujourd’hui plutôt que quelques mois avant les Jeux représente déjà un changement de méthode.
Le Tchad ne peut plus se contenter d’envoyer des athlètes participer aux grands rendez-vous internationaux. L’ambition doit désormais être de construire des compétiteurs capables d’y exister.
Dakar 2026 sera une première étape. Los Angeles 2028 sera un test grandeur nature. Pour les onze bénéficiaires comme pour le COST, le compte à rebours olympique est désormais lancé.
Le rêve américain commence donc bien avant Los Angeles : il se construit dès aujourd’hui, sur les pistes, dans les salles d’entraînement et au prix d’une discipline que l’argent seul ne pourra jamais acheter.
Martin HIGDE NDOUBA

