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Viticulture à Bagré : un vignoble de 4 hectares force l’admiration à Bèga

La viticulture à Bagré franchit un cap important avec l’aménagement d’un champ de vigne de 4 hectares extensible à 10 hectares, visité le lundi 2 mars 2026 par le ministre d’État en charge de l’Agriculture, le commandant Ismaël Sombié, dans la région du Nakambé.

Dans le cadre du suivi de la campagne agricole sèche, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a effectué une tournée dans la commune de Bagré. Au cœur de cette sortie de terrain, un champ de vigne de 4 hectares aménagés au village de Bèga, une superficie appelée à s’étendre à 10 hectares.

Portée par l’État, cette initiative marque une avancée notable de la viticulture à Bagré, avec 17 496 plants déjà mis en terre. L’objectif affiché est clair : réduire les importations de vin et promouvoir un « vin made in Burkina ». Sur les 4 hectares exploités, douze variétés de vigne ont été introduites, avec des résultats jugés satisfaisants par les techniciens.

Selon le Directeur général des productions végétales, Prosper Zemba, cela fait environ deux ans que l’expérimentation est en cours. Il souligne que la viticulture à Bagré représente une niche économique prometteuse pour le Burkina Faso, notamment dans une perspective de souveraineté agroalimentaire. Une expérience similaire est également conduite sur 0,5 hectare à l’École nationale de formation agricole de Matourkou.

Une filière expérimentale aux ambitions nationales

Pour les autorités, la viticulture à Bagré constitue un pari audacieux mais réaliste. Le ministre d’État s’est dit satisfait de l’état du vignoble, saluant l’engagement des acteurs impliqués dans cette dynamique innovante. Cette culture, souvent perçue comme inadaptée au climat sahélien, démontre pourtant son potentiel dans la région du Nakambé.

Au-delà de la production, la viticulture à Bagré pourrait générer des emplois, stimuler la transformation locale et contribuer à la réduction de la facture des importations de vin. Les premiers résultats encourageants renforcent la volonté gouvernementale d’investir davantage dans cette filière émergente.

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Irrigation, stockage et régulation des prix

La tournée ministérielle a également conduit la délégation sur un périmètre irrigué de 35 hectares ainsi que sur un canal d’irrigation dans le village de Grimogo. Ces infrastructures visent à renforcer la production rizicole de Bagrépôle et à optimiser l’exploitation des bas-fonds.

Un magasin de la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS) d’une capacité de 1 000 tonnes a aussi été inspecté. Le Directeur général de la SONAGESS, Stéphane Gildas Tiendrebeogo, a indiqué que la collecte des céréales permet de constituer les stocks nationaux de sécurité, d’intervention et de régulation.

Grâce au dispositif de mise en qualité (nettoyage, vannage, emballage et stockage), la capacité du magasin est passée de 400 tonnes à 1 072 tonnes. L’objectif est de maintenir le prix du sac de 50 kg de maïs à 8 500 F CFA afin de réguler le marché national. Pour le riz, il est envisagé que le sac de 25 kg ne dépasse pas 10 000 F CFA.

Enfin, la délégation a visité le barrage de Gourougou, d’une capacité de 2,5 millions de m³ d’eau. Construit en 2016, il doit permettre d’irriguer 35 hectares extensibles et de booster la production locale. Les autorités ambitionnent ainsi d’atteindre le zéro périmètre irrigué inexploité.

Avec ces investissements structurants, la viticulture à Bagré s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation agricole, visant à renforcer l’autosuffisance alimentaire et la souveraineté économique du Burkina Faso.

Pingd-Manegda Laure Christianne KABORE (stagiaire)

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