Vie chère au Tchad : Maître Abakar Djermah Aumi propose une baisse du prix du carburant
Abakar Djermah Aumi, ancien ministre de la jeunesse et des sports et président du Parti politique Les Leaders, remet la question de la vie chère au cœur du débat au Tchad. Dans une proposition adressée aux autorités, le parti suggère notamment de ramener, pendant deux ans, le prix du litre d’essence et de gasoil à 425 FCFA et de suspendre temporairement le paiement de l’IRPP pour plusieurs catégories de travailleurs.
Abakar Djermah Aumi met le coût du transport au centre du débat
Cette proposition intervient alors que le gouvernement tchadien a récemment renforcé ses mesures face aux difficultés d’approvisionnement et aux tensions sur les prix des produits alimentaires. Depuis le 9 septembre 2026, plusieurs céréales, dont le riz, le maïs, le millet et le froment, bénéficient d’une exonération de droits et taxes à l’importation.
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Pour le Parti Les Leaders, agir uniquement sur les taxes à l’importation ne suffirait pas à répondre à l’ensemble des difficultés rencontrées par les ménages. Le parti établit un lien direct entre le prix du carburant, le transport des marchandises et celui des produits alimentaires.
Dans sa proposition, l’ancien ministre Abakar Djermah Aumi demande ainsi une réduction du prix de l’essence et du gasoil à 425 FCFA le litre, à compter d’octobre 2026 et pour une période de deux ans.
L’argument avancé est que le transport constitue un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement. Une baisse du coût du carburant pourrait, selon le raisonnement présenté par le parti, réduire les dépenses liées au déplacement des marchandises entre les différentes provinces et faciliter l’acheminement des céréales vers les zones confrontées à des difficultés d’approvisionnement.
La question du carburant est d’autant plus sensible que les prix et l’approvisionnement peuvent varier fortement selon les localités. Des données publiées en juin 2026 faisaient état, par exemple, d’un litre d’essence à 700 FCFA à N’Djaména contre 1 120 FCFA à Am-Timan.
Mais le lien entre baisse du prix du carburant et baisse effective des prix alimentaires ne se limite pas au seul coût à la pompe. Il dépend également des coûts de transport, des marges des différents intermédiaires, de l’état des routes, de la disponibilité des produits et des conditions d’approvisionnement.
Une proposition qui pose aussi la question du pouvoir d’achat
Le deuxième volet de la proposition concerne directement les revenus des travailleurs. Le président du parti Les Leaders Abakar Djermah Aumi et son parti proposent une suspension du paiement de l’IRPP, de manière temporaire, pour les militaires, paramilitaires, fonctionnaires civils ainsi que les travailleurs du secteur privé, sur la période allant d’octobre 2026 à septembre 2028.
L’objectif affiché est de permettre aux ménages de disposer de davantage de revenus pour faire face aux dépenses quotidiennes.
Cette proposition intervient dans un contexte où les autorités tchadiennes ont déjà engagé plusieurs mesures pour préserver l’approvisionnement alimentaire. Outre les exonérations à l’importation, le gouvernement a également pris des dispositions visant à empêcher la sortie de certaines céréales du territoire national.
La question demeure toutefois celle de l’impact concret de ces différentes mesures sur les ménages. Une exonération fiscale à l’importation ne garantit pas automatiquement une baisse équivalente du prix payé par le consommateur. C’est précisément sur ce point que les autorités de la Chambre de commerce ont appelé les opérateurs économiques à répercuter effectivement les exonérations sur les prix et à suivre l’évolution des marchés.
Dans ce contexte, la proposition du président Abakar Djarma ouvre un nouveau volet dans le débat : faut-il agir davantage sur le coût du transport et sur le revenu disponible des ménages pour contenir la vie chère ?
La mesure proposée aurait, si elle était retenue, des implications importantes pour les finances publiques, notamment en matière de recettes liées au carburant et à l’impôt sur le revenu. Sa mise en œuvre nécessiterait donc d’en mesurer le coût, les modalités de financement et les mécanismes permettant de vérifier ses effets réels sur les prix et le pouvoir d’achat.
Pour l’heure, il s’agit d’une proposition politique formulée par le Parti Les Leaders. Elle vient s’ajouter aux mesures déjà prises par les autorités tchadiennes dans un contexte marqué par les difficultés alimentaires, l’irrégularité des pluies et les préoccupations liées au pouvoir d’achat.
Le débat reste donc ouvert sur les moyens les plus efficaces pour contenir la vie chère et garantir l’accès des ménages aux produits essentiels.
AMINA KABO DJARMAH
Source/Parti Les Leaders.
