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Un camion vétuste, un mort : qui autorise ces cercueils roulants à circuler ?

Un mort et trois blessés graves. Derrière le terrible accident survenu lundi devant les locaux de la radio FM Liberté à N’Djamena, une question dérangeante s’impose : comment un véhicule visiblement ancien et potentiellement dangereux peut-il encore circuler librement dans une capitale où les accidents de la route se multiplient ? Au-delà du drame, c’est toute la question du contrôle technique et de la responsabilité des autorités qui est posée.

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Un accident mortel s’est produit ce lundi à N’Djamena, devant les locaux de la radio FM Liberté. Un camion a violemment percuté quatre motocyclistes, causant la mort d’une personne sur place et faisant trois blessés graves. Les victimes ont été évacuées vers un centre hospitalier afin de recevoir les soins nécessaires. Comme souvent après ce type de drame, l’émotion domine. Mais elle ne doit pas empêcher de poser les bonnes questions.

Un accident qui interroge

Les circonstances exactes de l’accident devront être établies par les services compétents. Mais une interrogation circule déjà avec insistance : dans quel état se trouvait réellement le véhicule impliqué ?

À N’Djamena, il n’est pas rare de croiser un camion ancien, visiblement usé par des années de service, circulant sur des axes fortement fréquentés. Freins défaillants, pneus usés, absence d’entretien régulier ou surcharge : les risques sont nombreux lorsque les véhicules échappent à un contrôle rigoureux.

L’accident de lundi remet ainsi au centre du débat la question de la sécurité routière. Car un véhicule dangereux ne devient pas dangereux uniquement au moment où il provoque un accident. Il l’était déjà lorsqu’il était autorisé à prendre la route.

Le contrôle technique en question

Comment un camion dans un état mécanique douteux peut-il obtenir l’autorisation de circuler ? La question mérite une réponse claire.

Le contrôle technique ne devrait pas être une simple formalité administrative ou un document obtenu contre quelques billets. Il doit constituer une véritable barrière contre les véhicules dangereux. Lorsqu’un engin lourd circule dans une capitale densément peuplée, la moindre défaillance mécanique peut se transformer en catastrophe.

Les motocyclistes, particulièrement exposés, paient souvent le prix le plus lourd. Sans carrosserie pour les protéger, ils deviennent les premières victimes des imprudences, de l’état des routes et parfois du mauvais état des véhicules qui partagent la chaussée avec eux.

Après le drame, la responsabilité

L’heure est donc venue d’aller au-delà des simples constats. Le propriétaire du camion, son conducteur, les services chargés du contrôle technique et les autorités responsables de la circulation doivent chacun assumer leur part de responsabilité. Il ne suffit pas d’attendre qu’un accident survienne pour rappeler les règles. La prévention doit intervenir avant le drame.

À N’Djamena, la circulation devient chaque jour plus dense, tandis que le parc automobile continue de vieillir. Le camion impliqué dans cet accident doit servir d’électrochoc : combien d’autres véhicules présentant les mêmes risques circulent encore dans la capitale ?

Un mort, trois blessés graves et plusieurs familles brisées : le bilan est déjà trop lourd. La sécurité routière ne peut plus rester un simple discours. Il est temps que chaque camion dangereux soit retiré de la circulation avant qu’il ne soit responsable d’un nouveau drame.

Martin HIGDE NDOUBA

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