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Tentative de déstabilisation : les révélations du capitaine Prosper Couldiaty

Interpellé le 2 janvier 2026, le capitaine Prosper Couldiaty, officier de l’armée de l’air, a livré des éléments détaillés dans le cadre de l’enquête sur une présumée tentative de déstabilisation des institutions du Burkina Faso. Sa déposition éclaire un projet de coup d’État dont l’objectif principal semblait être la déstabilisation du pays.

Un contact établi depuis l’étranger

Selon ses déclarations, le capitaine Couldiaty aurait été approché environ deux semaines avant son arrestation par l’ancien lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, présenté comme le principal initiateur du projet. Les échanges auraient été menés depuis l’étranger, notamment le Togo, dans le but de planifier la déstabilisation du pays.

Pour garantir la discrétion des échanges, l’usage exclusif de messageries cryptées comme Zangi et Signal a été imposé. Les communications étaient éphémères et systématiquement effacées. Sur Signal, les échanges passaient par un intermédiaire pseudonyme « roi David », identifié comme le capitaine Ouédraogo David, basé au Ghana.

Sur Zangi, les messages attribués à Damiba étaient automatiquement supprimés après dix minutes. Cette organisation visait à maintenir la confidentialité des opérations liées à la déstabilisation.

Un financement présumé du projet

Le capitaine Couldiaty a également révélé un volet financier du projet de déstabilisation. Il aurait reçu un colis contenant huit millions de francs CFA par l’intermédiaire de son frère. Trois millions de FCFA auraient été conservés pour son usage personnel, tandis que les cinq millions restants ont été remis au destinataire désigné par le réseau.

Sur le plan opérationnel, sa mission consistait à neutraliser la base de drones de Saponé, considérée comme un point stratégique. L’ordre reçu, codé « couper la tête du pasteur », visait le capitaine Passeré, commandant de la base. Cette opération aurait été un élément central de la tentative de déstabilisation.

Selon les aveux, la neutralisation de cette infrastructure devait permettre aux unités engagées d’opérer sans surveillance aérienne. Le passage à l’acte global était programmé pour la nuit du 3 janvier 2026, aux environs de 23 heures, dans le cadre de la stratégie de déstabilisation.

Lire ici : Complot: la nuit où le Capitaine Ibrahim Traoré était en danger

Un dispositif piloté depuis l’extérieur

Le capitaine Couldiaty a décrit une organisation fortement cloisonnée, pilotée depuis un poste de commandement situé à l’étranger. Paul-Henri Sandaogo Damiba était le seul à connaître la totalité du dispositif, maintenant les exécutants dans un strict isolement informationnel, afin de préserver le secret du projet de déstabilisation.

Des regrets exprimés devant les autorités

Au terme de sa déposition, le capitaine Prosper Couldiaty a exprimé des regrets et sollicité la clémence du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, de la population burkinabè et de sa hiérarchie militaire, reconnaissant son rôle dans cette tentative de déstabilisation.

Yiwènè Angelina MPO (Stagiaire)

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