Tchad : retour d’African Parks Network sous de nouvelles règles
Neuf mois après une rupture spectaculaire, le Tchad et African Parks Network renouent leur partenariat autour d’un nouveau modèle de cogestion des aires protégées. Une relance qui traduit la volonté des autorités de concilier souveraineté nationale et préservation de la biodiversité.
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Après plusieurs mois de tensions, le gouvernement tchadien et African Parks Network ouvrent un nouveau chapitre de leur coopération. Le 2 juillet, le ministre de l’Environnement, Hassan Bakhit Djamous, et le directeur général de African Parks Network, Peter Fearnhead, ont signé quatre accords de partenariat destinés à encadrer la gestion de plusieurs espaces protégés du pays.
La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités nationales et internationales, parmi lesquelles le ministre du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat, Abakar Rozzi Teguil, des représentants de l’Union européenne, des ambassadeurs d’Afrique du Sud et d’Allemagne, ainsi que des responsables du PNUD, de la Primature et des institutions en charge des questions environnementales.
Coopération relancée après une rupture
La signature de ces accords marque un tournant important dans les relations entre N’Djamena et African Parks Network. En octobre 2025, le gouvernement tchadien avait mis fin à son partenariat avec l’organisation sud-africaine, estimant nécessaire de revoir les modalités de gestion des aires protégées afin de mieux répondre aux intérêts nationaux.
Cette décision avait suscité de nombreuses interrogations dans les milieux de la conservation, tant le Tchad abrite un patrimoine naturel exceptionnel, notamment le parc national de Zakouma et le massif de l’Ennedi, deux sites emblématiques de la biodiversité sahélienne.
Les nouveaux accords témoignent désormais d’une volonté commune de repartir sur des bases renouvelées, avec des responsabilités mieux définies entre l’État tchadien et African Parks Network.
Cogestion repensée
Selon les autorités, ces accords s’inscrivent dans la vision portée par le président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Ils instaurent un modèle de cogestion présenté comme plus équilibré, plus moderne et davantage fondé sur le partage des responsabilités.
Le dispositif couvre quatre espaces majeurs : le parc national de Zakouma, le parc de Siniaka-Minia, la Réserve naturelle et culturelle de l’Ennedi ainsi que le paysage d’Aouk-Keïta. L’objectif est de renforcer la protection de la faune et de la flore tout en associant davantage les institutions nationales et les communautés locales à la gouvernance de ces territoires.
Pour African Parks Network, ce nouveau cadre constitue également l’occasion de poursuivre ses actions de conservation au Tchad dans un environnement institutionnel clarifié.
Préserver la biodiversité tout en affirmant la souveraineté
Au-delà de la signature des textes, cet accord traduit une évolution de la stratégie tchadienne en matière de conservation. Les autorités entendent préserver les écosystèmes tout en réaffirmant leur rôle dans les décisions concernant les ressources naturelles du pays.
Le défi sera désormais de transformer ces engagements en résultats concrets sur le terrain. Si les nouvelles dispositions produisent les effets attendus, African Parks Network pourrait redevenir un partenaire majeur de la politique environnementale tchadienne, dans une coopération où protection de la biodiversité et souveraineté nationale devront avancer de concert.
Martin HIGDE NDOUBA

