Tchad : GCAP dissout, refondation à l’épreuve
La dissolution du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), actée par la Cour suprême le 24 avril 2026, suivie de l’interdiction de sa marche prévue le 02 mai par les autorités sécuritaires, marque un nouveau tournant dans la vie politique tchadienne. Au-delà de la légalité des décisions, c’est la question fondamentale de l’espace démocratique et du sens réel de la refondation qui se pose avec acuité.
Décision judiciaire qui fragilise le débat politique
La disparition juridique du GCAP ne peut être lue comme un simple épisode administratif. Elle intervient dans un contexte où les tensions entre pouvoir et opposition restent vives, et où les mécanismes de concertation apparaissent fragiles.
Le GCAP, en tant que plateforme politique, incarnait pour certains une tentative de structuration du débat public. Sa dissolution soulève donc une interrogation essentielle : comment construire une refondation politique durable sans espaces organisés de dialogue ?
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La décision judiciaire contre le GCAP apparaît comme un signal lourd, renforcé par les restrictions immédiates sur les mobilisations publiques.
Dans la foulée, le communiqué du ministère de la Sécurité publique interdisant la marche annoncée du GCAP le 02 mai a renforcé le sentiment d’un climat politique verrouillé. Cette mesure est perçue par certains comme une limitation supplémentaire des libertés publiques.

Refondation à l’épreuve des faits
Le discours de refondation porté par les autorités est désormais confronté à l’épreuve des actes. Le président Mahamat Idriss Déby Itno, en tant que garant de ce processus, se trouve au centre des attentes et des interrogations.
Car une refondation politique ne se mesure pas uniquement à travers des institutions nouvelles, mais aussi à travers la capacité à accepter la contradiction, la critique et l’organisation pluraliste.
La disparition du GCAP interroge donc la cohérence entre ambition politique et pratique institutionnelle.
Risque d’appauvrissement du débat public
La répétition des restrictions affectant le GCAP nourrit un sentiment d’appauvrissement du débat public. Dans une démocratie en construction, la pluralité des voix constitue pourtant un pilier essentiel.
Le GCAP, désormais absent du paysage légal, laisse derrière lui un vide politique et symbolique. Sa disparition interroge la capacité du système à intégrer les forces critiques sans les marginaliser.
Au-delà du cas du GCAP, c’est la trajectoire démocratique du pays qui se dessine. Une refondation crédible suppose des espaces ouverts, même conflictuels. Sans cela, le risque est celui d’un dialogue politique affaibli, où la défiance remplace progressivement la concertation.
Martin HIGDE NDOUBA