Tchad: qui pourra sauver le sport ?
Bien que le Tchad ne figure pas parmi les nations africaines les plus reconnues sur la scène sportive, la crise actuelle dépasse largement la question des performances.
Ce lundi 1er décembre 2025, à N’Djaména, les administrateurs des fédérations et associations nationales sportives ont sonné l’alarme. Réunis autour d’un mémorandum commun, ils dénoncent des violations répétées des textes statutaires par les services du ministère de la Jeunesse et des Sports. Une fronde rare, mais révélatrice d’un mal devenu chronique.
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Ce cri de détresse révèle une réalité amère : au Tchad, le sport avance à reculons. Entre ingérences politiques, gestion opaque et absence de vision structurante, l’écosystème sportif s’enlise. Pourtant, dans un pays où la jeunesse représente plus de 60 % de la population, l’enjeu dépasse le simple divertissement. Le sport devrait être un levier d’éducation, d’unité nationale et même de diplomatie. Mais au Tchad, il peine toujours à trouver un terrain stable sur lequel rebâtir.
Le sport tchadien cherche désespérément un véritable arbitre
Les responsables sportifs pointent du doigt des pratiques arbitraires, des suspensions injustifiées et un manque de respect des normes internationales qui régissent les fédérations. Pour eux, tant que la tutelle administrative continuera de s’ingérer dans la gestion interne, aucun progrès durable n’est possible. Le secteur, déjà fragile, risque de s’effondrer définitivement si rien n’est fait. Dans ce contexte, de nombreux observateurs s’interrogent : où va le sport au Tchad ?
Dans ce climat de défiance, les regards convergent vers le président Mahamat Idriss Déby Itno. Premier arbitre des institutions, il est désormais appelé à trancher et à restaurer un minimum de confiance. Car si rien n’est fait, le sport au Tchad risque de devenir un champ en friche, abandonné aux querelles internes et à l’absence totale de vision.
Pour l’heure, la question demeure entière : qui pourra sauver le sport au Tchad ? Et surtout, combien de temps faudra-t-il encore avant que le pays ne comprenne que derrière un maillot, un stade ou une compétition, se joue aussi une part de son image, de sa jeunesse et de son avenir ?
HIGDE NDOUBA Martin