Tchad : les salaires du mois de février annulés, les fonctionnaires à l’épreuve
Le Tchad traverse une crise inédite. Pour la première fois depuis la création de cette nouvelle république, les salaires du mois de février 2026 ont été annulés. Un incident technique, selon le Trésorier Payeur Général de l’État, Abakar Djeroua Sirinou, a conduit à l’annulation des virements et au reversement des montants dans le compte courant du Trésor Public ouvert à la BEAC. Une décision qui provoque colère et incompréhension au sein des fonctionnaires.
Une première dans l’histoire du Tchad
Comment le Tchad en est-il arrivé là ? Comment un pays peut-il justifier l’annulation de salaires au moment où ses fonctionnaires, notamment les enseignants, se battent pour de meilleures conditions ? Ce choix n’est pas qu’un “incident technique”, il révèle surtout une gestion désinvolte et défaillante des finances publiques. Pendant que les fonctionnaires s’efforcent de joindre les deux bouts, l’administration joue avec leurs droits fondamentaux.
Jamais auparavant le pays n’avait connu un tel incident. L’annulation des salaires bouleverse la vie quotidienne de milliers de travailleurs. Si certains parlent d’erreur technique, d’autres dénoncent un manque de rigueur dans la gestion des finances publiques. Dans tous les cas, le signal envoyé est alarmant : le Tchad doit impérativement revoir ses mécanismes financiers pour éviter que ce type de crise ne se reproduise.
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Les enseignants au cœur de la tourmente
Cette annulation tombe alors que les enseignants tchadiens poursuivent leur grève pour obtenir de meilleures conditions de travail. Le Tchad est confronté à un double défi : gérer la frustration des fonctionnaires et assurer la continuité de services essentiels tels que l’éducation. Sur les réseaux sociaux, l’indignation est palpable, et le mot « Tchad » s’impose dans toutes les discussions.
Le pays est à la croisée des chemins. Derrière chaque virement annulé se trouvent des familles et des travailleurs dont les droits sont bafoués. Le Tchad ne peut plus se permettre de gérer les finances publiques avec autant de légèreté. Cette crise doit servir d’électrochoc pour repenser la gestion des salaires et renforcer la transparence dans l’administration.
Martin HIGDE NDOUBA