Tchad : l’AILC met fin à l’impunité
Il fallait enfin un signal fort. Face aux dérives répétées dans la gestion des marchés publics, l’État semble avoir décidé de sortir de la complaisance administrative. La note circulaire rendue publique le 6 janvier 2026 par le Contrôleur général, Ousmane Abderamane, n’est pas un simple rappel technique : c’est un avertissement politique. Et au centre de cette offensive salutaire, l’AILC assume désormais un rôle que beaucoup attendaient sans vraiment y croire.
Des irrégularités qui ne peuvent plus être tolérées
Depuis des années, les mêmes pratiques gangrènent les finances publiques : marchés attribués sans appel d’offres, seuils réglementaires volontairement contournés, plans annuels inexistants, commissions de passation réduites à de simples chambres d’enregistrement. Tout le monde savait, peu osaient agir. Aujourd’hui, l’Autorité indépendante de Lutte contre la Corruption met les pieds dans le plat et nomme les fautes sans détour.
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La loi doit s’appliquer, sans exception
Le message est clair : la loi existe, elle doit être appliquée. Le Code des marchés publics du 15 octobre 2020 et le décret du 21 décembre 2020 ne sont pas des textes décoratifs. Leur violation engage la responsabilité individuelle des ordonnateurs, gestionnaires de crédits et membres des commissions. En rappelant cette évidence juridique, l’AILC remet chacun face à ses responsabilités, loin de la culture de l’impunité longtemps entretenue dans l’administration.
Le véritable défi sera désormais la mise en œuvre concrète de ces mesures. Sans volonté politique et application effective des sanctions, l’initiative risquerait de rester lettre morte. Mais si les engagements sont respectés, l’AILC pourrait bien devenir le rempart attendu contre la corruption et les abus dans la gestion publique.
Martin HIGDE NDOUBA