Tchad-Cameroun-RCA : bataille stratégique des corridors relancée
À N’Djaména, les autorités du Tchad, du Cameroun et de la République centrafricaine veulent accélérer la modernisation des corridors de transit. Entre ambitions économiques, défis logistiques et impératifs sécuritaires, la 5e édition du forum Tchad-Cameroun-RCA apparaît comme un test pour l’intégration sous-régionale.
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Corridor vital pour trois économies

N’Djaména accueille du 11 au 13 mai 2026 la 5e édition du forum Tchad-Cameroun-RCA, une rencontre stratégique consacrée à la facilitation du transit sur le corridor transcamerounais. Organisé par le ministère tchadien des Transports, de l’Aviation civile et de la Météorologie nationale, en partenariat avec Port-Synthèse du Cameroun, l’événement rassemble les principaux acteurs du transport, de la logistique et du commerce sous-régional.
Cette nouvelle édition du forum Tchad-Cameroun-RCA s’inscrit dans le prolongement des engagements pris lors des assises de Kribi, en janvier 2024. Pendant trois jours, les délégations vont examiner les avancées réalisées, mais aussi les nombreux obstacles qui continuent de ralentir la circulation des marchandises entre les trois pays.
Pour le Cameroun, principal point d’accès maritime du corridor, les enjeux sont considérables. Le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalè Bibéhè, a mis en avant les travaux engagés sur les infrastructures routières, notamment l’élargissement de la sortie Est de Douala jusqu’à Dibamba. Il a également évoqué l’amélioration du suivi des cargaisons tchadiennes et centrafricaines ainsi que le renforcement des missions d’observation sur les corridors.
Défis encore persistants
Malgré ces avancées, le forum Tchad-Cameroun-RCA intervient dans un contexte marqué par la persistance des coûts logistiques élevés et des lenteurs administratives. Représentant Bangui, le directeur général du Fonds d’entretien routier centrafricain, Fred Ferlin Yagbanga, a rappelé le caractère stratégique du corridor transcamerounais pour la RCA, pays enclavé et fortement dépendant de l’accès au port de Douala.
Selon lui, les efforts entrepris demeurent insuffisants face aux difficultés observées sur les axes de transit. Harmonisation réglementaire limitée, tracasseries routières et insécurité restent autant de contraintes qui freinent les échanges commerciaux et pénalisent la compétitivité des économies concernées.
Le forum Tchad-Cameroun-RCA veut justement transformer ces corridors en véritables instruments d’intégration économique. Pour y parvenir, les autorités misent sur une meilleure coordination des politiques de transport et sur l’interconnexion des systèmes d’information.
N’Djaména mise sur la fluidité du transit
Ouvrant officiellement les travaux, la ministre tchadienne des Transports, Fatimé Goukouni Weddey, a insisté sur les réformes engagées ces dernières années pour fluidifier le trafic routier et réduire les postes de contrôle. S’appuyant sur le rapport 2026 de l’Observatoire des pratiques anormales en Afrique centrale, elle a souligné la baisse significative des contrôles routiers sur le territoire tchadien.

Pour la ministre, le forum Tchad-Cameroun-RCA constitue désormais un cadre incontournable de dialogue entre les trois États. À travers cette rencontre, le Tchad-Cameroun-RCA cherche à bâtir un système de transport plus moderne, plus sécurisé et mieux adapté aux exigences du commerce régional et international
Martin HIGDE NDOUBA
Source ATPE