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Forum France-Tchad : prix d’entrée trop élevé pour la presse privée

À quelques jours du Forum France-Tchad, prévu les 25 et 26 septembre à Paris, une question embarrassante s’invite dans les préparatifs : qui pourra réellement informer les Tchadiens sur les enjeux de ce rendez-vous économique ? Pour les organisations professionnelles de la presse privée, les conditions financières imposées aux médias risquent de transformer un événement présenté comme stratégique en rencontre largement inaccessible aux journalistes indépendants.

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Forum économique, mais une presse à distance

Le Forum France-Tchad est présenté comme une vitrine destinée à renforcer les relations économiques entre les deux pays, attirer les investisseurs et mobiliser de nouveaux partenaires pour le développement du Tchad. Un rendez-vous important, donc, qui mérite une couverture médiatique à la hauteur de ses ambitions. Mais derrière les annonces économiques se dessine une autre réalité : celle d’une presse privée qui peine déjà à survivre.

Dans un communiqué conjoint, l’Union des Radios Privées du Tchad (URPT), le Patronat de la Presse Tchadienne (PPTE), l’Association des Médias en Ligne du Tchad (AMET) et l’Association des Éditeurs de la Presse Privée du Tchad (AEPT) demandent une révision des conditions de participation des médias nationaux.

Selon ces organisations, les organes de presse souhaitant couvrir le Forum France-Tchad devraient prendre entièrement en charge les frais de transport, d’hébergement et de séjour de leurs journalistes à Paris.

Deux ans sans financement, puis la facture de Paris

La question est simple : comment demander à une presse privée fragilisée de financer une mission internationale alors que ses difficultés financières persistent depuis plusieurs années ?

Depuis deux ans, les médias privés tchadiens dénoncent l’absence de financement public destiné à soutenir la presse. Dans ce contexte, exiger des rédactions qu’elles assument seules les coûts d’une couverture à Paris apparaît, pour les professionnels, comme une barrière presque infranchissable.

Le problème dépasse donc la simple question du billet d’avion ou de la chambre d’hôtel. Il touche directement à l’accès à l’information.

Comment parler d’ouverture, de partenariat et d’investissement si une partie de la presse nationale est pratiquement empêchée de participer à l’événement qui porte ces ambitions ?

Informer n’est pas un privilège

Le Forum France-Tchad devrait pourtant être l’occasion de montrer que le Tchad veut renforcer son attractivité, promouvoir son secteur privé et dialoguer avec ses partenaires. Cette ambition implique aussi une presse capable de rendre compte des débats, d’interroger les responsables, de suivre les annonces et surtout de demander des comptes sur les engagements pris.

Une couverture exclusivement assurée par les médias disposant de moyens suffisants risquerait de réduire la diversité des regards.

La presse privée ne demande pas nécessairement un traitement de faveur. Elle réclame les conditions minimales lui permettant de remplir sa mission d’information.

Paradoxe d’un rendez-vous économique

Le Forum France-Tchad porte une ambition économique. Mais l’économie ne peut être séparée de la liberté d’informer. Les investisseurs, les citoyens et les partenaires ont besoin d’une information pluraliste pour comprendre les projets annoncés et mesurer leur portée réelle.

À l’approche du Forum France-Tchad, les autorités et les organisateurs gagneraient donc à entendre le message des organisations professionnelles. Soutenir la participation des médias privés ne serait pas une dépense superflue, mais un investissement dans la transparence et la crédibilité du rendez-vous.

Car au-delà des contrats, des promesses et des chiffres, un forum économique n’a de sens que si les citoyens peuvent savoir ce qui s’y décide.

Et si le Forum France-Tchad veut véritablement incarner une nouvelle dynamique entre les deux pays, il serait pour le moins paradoxal que ceux qui doivent raconter cette dynamique soient les premiers à rester à la porte.

Martin HIGDE NDOUBA

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