Tchad/ADAC : 20 ans d’existence, mais toujours les pieds au sol
Vingt ans après sa création, l’ADAC souffle ses deux décennies dans une atmosphère à la fois célébratoire et introspective. L’Autorité de l’Aviation Civile du Tchad a marqué l’événement en marge de la Journée internationale de l’Aviation civile, sous le thème évocateur : « La Renaissance de l’Aviation Civile Tchadienne ». Mais comment parler de renaissance de l’aviation tchadienne sans la moindre compagnie nationale pour porter les couleurs du pays ?
Deux décennies d’efforts, mais un ciel toujours orphelin
Créée en 2004, l’ADAC a structuré, réglementé et modernisé un secteur longtemps marqué par le sous-équipement et l’absence de stratégie nationale. Sûreté renforcée, alignement progressif sur les standards internationaux, contrôle technique plus rigoureux : les avancées sont réelles.
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Mais un constat demeure : malgré son expérience et ses vingt ans de réformes, l’ADAC opère toujours dans un paysage aérien sans transporteur national. Le Tchad reste dépendant des compagnies étrangères, une situation coûteuse pour les voyageurs, pour la connectivité régionale et pour l’image du pays.

Vingt ans de l’ADAC : fête, bilan et impatiences
À l’heure du bilan, les vingt ans de l’ADAC reflètent les paradoxes du secteur aérien tchadien : des progrès techniques indéniables, une institution désormais respectée, mais un ciel toujours orphelin de compagnie nationale.
La renaissance évoquée lors de la cérémonie devra donc s’accompagner de décisions plus audacieuses. Car, sans un pavillon national pour incarner son travail, l’ADAC risque de continuer à célébrer ses anniversaires, les pieds au sol.
HIGDE NDOUBA Martin