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Tchad : 1 770 tonnes de riz aujourd’hui, mais quelle solution pour demain ?

Le don de 1 770 tonnes de riz offert au Tchad est sans doute un geste de solidarité apprécié, notamment pour les populations vulnérables. Mais derrière cette aide alimentaire se pose une question essentielle : un pays doté de vastes terres cultivables doit-il continuer à dépendre des dons ou investir davantage dans sa propre capacité de production ?

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Une aide utile, mais insuffisante

Personne ne peut nier l’importance de ce don de riz dans un contexte où de nombreuses familles peinent à satisfaire leurs besoins alimentaires. Pour les ménages les plus fragiles, cette assistance représente un soulagement immédiat. Dans un pays confronté aux défis du changement climatique, de l’insécurité alimentaire et de la pauvreté, chaque contribution compte.

Cependant, l’émotion suscitée par l’arrivée de ces 1 770 tonnes de riz ne doit pas faire oublier une réalité plus profonde. Cette aide, aussi généreuse soit-elle, reste une solution ponctuelle. Elle nourrit aujourd’hui, mais ne garantit pas les repas de demain.

Paradoxe d’un pays aux terres fertiles

Le Tchad possède des millions d’hectares de terres arables, des ressources en eau importantes dans plusieurs régions et une population dont une grande partie vit de l’agriculture. Pourtant, le pays continue d’importer une quantité importante de produits alimentaires, notamment du riz.

Le paradoxe est frappant. Alors que certaines nations disposent de peu de terres cultivables, elles investissent massivement dans les techniques agricoles modernes et atteignent l’autosuffisance. À l’inverse, le Tchad, malgré son potentiel, peine encore à transformer ses atouts naturels en richesse agricole durable.

Mieux vaut apprendre à produire

Au-delà des dons alimentaires, ce dont le pays a véritablement besoin, ce sont des investissements dans les équipements agricoles, l’irrigation, la mécanisation, les semences améliorées et la formation des producteurs. Une aide orientée vers ces secteurs aurait probablement un impact plus durable que plusieurs cargaisons de riz.

Donner du poisson nourrit pour un jour ; apprendre à pêcher nourrit pour toute une vie. Cette vieille sagesse s’applique parfaitement à la situation actuelle. Un tracteur, une moissonneuse ou un système d’irrigation performant peuvent produire des récoltes pendant des années et réduire progressivement la dépendance extérieure.

Construire l’autonomie alimentaire

Le débat n’est pas de refuser le riz offert par des partenaires amis. Ce serait une erreur. La véritable question est de savoir comment transformer ces gestes de solidarité en opportunités de développement. Chaque don devrait s’accompagner d’une réflexion sur l’autonomie alimentaire.

Le plus beau symbole de souveraineté n’est pas de recevoir du riz, mais de produire suffisamment pour nourrir sa population et même exporter ses surplus. Le Tchad a des terres, des hommes et du potentiel. Il lui reste à faire de l’agriculture une priorité stratégique afin que l’avenir ne dépende plus de la générosité du voisin, mais de la richesse de ses propres champs.

Martin HIGDE NDOUBA

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