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Tabaski : entre prières officielles et réalités au couteau

À l’occasion de la Tabaski, le Premier ministre Allah-Maye Halina a reçu les chefs religieux musulmans au Palais Toumaï. Entre vœux pieux et discours de fermeté contre la haine, le terrorisme et la corruption, cette rencontre révèle surtout les immenses attentes d’un peuple confronté aux difficultés sociales, à l’insécurité et à la crise de confiance envers les institutions.

Comme chaque année, la Tabaski offre au pouvoir tchadien une vitrine de communion nationale. Au Palais Toumaï, les membres du Conseil National des Affaires Islamiques ont présenté leurs vœux au Premier ministre Allah-Maye Halina, représentant du chef de l’État, Mahamat Idriss Déby Itno. Dans un cérémonial bien huilé, dignitaires religieux et responsables politiques ont affiché unité et sérénité.

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Mais derrière les images officielles et les poignées de main protocolaires, une question demeure : les discours suffisent-ils encore à rassurer les tchadiens ?

En cette période de Tabaski, les populations vivent sous la pression de la vie chère, du chômage et d’une précarité grandissante. Dans plusieurs familles, célébrer la Tabaski devient un luxe. Le prix des moutons explose, les dépenses alimentaires étranglent les ménages et les promesses d’amélioration du quotidien peinent à se matérialiser.

Tabaski ne peut pas masquer les fractures du pays

Le message transmis par le chef de l’État à travers le Premier ministre se voulait ferme : condamnation des discours de haine, rejet du terrorisme et lutte contre la corruption. Des mots forts, nécessaires même. Car le Tchad reste confronté à des menaces sécuritaires persistantes et à des divisions qui fragilisent le tissu national.

Cependant, la véritable bataille se joue aussi sur le terrain de la gouvernance. Les Tchadiens attendent désormais des actes. La corruption dénoncée dans les discours continue de miner les administrations, d’étouffer les opportunités et de nourrir le sentiment d’injustice sociale. Pendant que certains peinent à acheter un mouton pour la Tabaski, une minorité continue d’afficher un train de vie insolent.

Les autorités religieuses, elles aussi, ont un rôle majeur à jouer. Leur influence dépasse les mosquées. En période de Tabaski, leurs paroles peuvent contribuer à calmer les tensions, encourager la solidarité et rappeler aux dirigeants leurs responsabilités morales envers le peuple.

Fête religieuse devenue test politique

Au Tchad, la Tabaski n’est plus seulement une célébration spirituelle. Elle devient un révélateur social et politique. Chaque déplacement officiel, chaque discours et chaque audience sont scrutés par une jeunesse qui réclame des perspectives concrètes.

Le pouvoir peut encore compter sur le respect des institutions religieuses et sur l’attachement du peuple à l’unité nationale. Mais cet équilibre reste fragile. Car la stabilité ne se construit pas uniquement avec des cérémonies symboliques ou des déclarations solennelles pendant la Tabaski. Elle se construit avec la justice sociale, l’exemplarité des dirigeants et chaque audience sont scrutés par une jeunesse qui réclame des perspectives concrètes.

Le pouvoir peut encore compter sur le respect des institutions religieuses et sur l’attachement du peuple à l’unité nationale. Mais cet équilibre reste fragile. Car la stabilité ne se construit pas uniquement avec des cérémonies symboliques ou des déclarations solennelles pendant la Tabaski. Elle se construit avec la justice sociale, l’exemplarité des dirigeants et des réponses concrètes aux souffrances quotidiennes des citoyens.

En cette Tabaski, les Tchadiens n’attendent pas seulement des bénédictions. Ils attendent des changements.

Martin HIGDE NDOUBA

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