SOPROFIM face au défi de transformer les terres en foyers
L’attribution de 308 hectares à la Société de Promotion Foncière et Immobilière (SOPROFIM) dans trois provinces du Tchad ouvre une nouvelle séquence dans la politique de l’habitat. Mais derrière l’annonce foncière se pose désormais une question centrale : comment transformer ces espaces en véritables quartiers modernes accessibles aux populations ?
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Foncier, première étape d’une ambition nationale
Dans plusieurs pays africains confrontés à une urbanisation rapide, la maîtrise du foncier est devenue un enjeu stratégique. Au Tchad, où les besoins en logements ne cessent d’augmenter, la disponibilité des terrains constitue souvent le premier obstacle à la réalisation des projets immobiliers.
La tournée du ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assileck Halata, dans les provinces du Nord-Ouest, a permis une avancée importante avec l’identification et l’attribution de réserves foncières au profit de la SOPROFIM.
Les provinces du Hadjer-Lamis, du Kanem et du Bahr El Gazel disposent désormais d’espaces destinés à accueillir des programmes de logements sociaux. Une opération qui traduit la volonté des autorités de renforcer la planification urbaine au-delà de la capitale.
Mais pour les observateurs, l’attribution des terres ne représente que le début du processus. Le véritable défi reste la capacité à viabiliser ces espaces, mobiliser les financements nécessaires et garantir que les futurs logements répondent aux besoins réels des populations.
De la promesse immobilière à la réalité sociale
La SOPROFIM est appelée à jouer un rôle déterminant dans cette nouvelle phase. L’entreprise devra démontrer sa capacité à passer de la gestion foncière à la réalisation concrète de logements accessibles.
L’expérience de nombreux programmes immobiliers en Afrique montre que l’accès au terrain ne suffit pas. Sans infrastructures de base, routes, eau, électricité, assainissement et services sociaux, les nouveaux quartiers risquent de rester éloignés des attentes des habitants.
Le développement du logement social nécessite également une réflexion sur le coût des constructions et les mécanismes permettant aux ménages à revenus modestes d’accéder réellement à ces habitations.
Chantier politique et économique majeur
À travers cette initiative, les autorités veulent inscrire le logement social parmi les priorités du développement national. Le ministre Mahamat Assileck Halata a rappelé que cette vision s’inscrit dans les orientations du président Mahamat Idriss Déby Itno, qui fait de l’amélioration du cadre de vie des citoyens un axe important de son mandat.
Pour la SOPROFIM, l’enjeu dépasse donc la simple obtention de terrains. L’entreprise est désormais attendue sur sa capacité à produire des résultats visibles et durables.
Les 308 hectares obtenus constituent une opportunité, mais aussi une responsabilité. Dans les prochains mois, les regards seront tournés vers les premiers projets qui sortiront de terre. Car dans le secteur de l’habitat, la crédibilité se mesure moins au nombre d’hectares annoncés qu’au nombre de familles effectivement logées.
La SOPROFIM se trouve ainsi face à un défi majeur : transformer une réserve foncière en véritable politique sociale du logement.
Martin HIGDE NDOUBA

