Tchad : Idriss Dokony Adiker face au piège de la continuité
Après quatre années à la tête du Comité Olympique et Sportif Tchadien (COST), Idriss Dokony Adiker aborde une nouvelle phase de son parcours avec une décision qui ne cesse d’alimenter les débats à N’Djamena : sa volonté de rempiler pour un second mandat. Une ambition assumée, mais qui s’annonce lourde de conséquences pour une institution fragilisée par plusieurs années de turbulences internes.
Le premier mandat d’Idriss Dokony Adiker n’a pas été que crispations. La construction du siège du COST, infrastructure longtemps évoquée puis repoussée, constitue l’un de ses principaux succès. Visiblement, il a su mobiliser les ressources, convaincre et concrétiser un projet auquel plusieurs de ses prédécesseurs n’avaient pas réussi à donner forme.
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Mais cette avancée ne suffit pas à effacer les tensions profondes qui ont marqué son passage. Le conflit ouvert avec Me Abakar Djermah Aumi, son prédécesseur, autour de la question du bilan financier, a durablement ébranlé le fonctionnement du comité. Entre accusations, recours et paralysie institutionnelle, le COST a peiné à remplir ses missions fondamentales au service des fédérations.
C’est dans ce contexte que Idriss Dokony Adiker a officialisé sa candidature. “Je suis candidat pour servir, pour continuer à bâtir et pour porter le COST vers un avenir plus ambitieux et plus prometteur” , affirme-t-il. Une déclaration qui reflète sa conviction, mais qui peine à dissiper le sentiment que sa démarche relève davantage de la persistance que de la clairvoyance.
Car au-delà des enjeux sportifs, se pose la question de l’opportunité. Sur plusieurs fronts politique, administratif, institutionnel, Idriss Dokony Adiker cumule déjà de lourdes responsabilités. Beaucoup au sein du mouvement sportif estiment que le COST a aujourd’hui besoin d’un président totalement disponible pour mener les réformes attendues et retisser un climat de confiance. Un profil que lui-même, malgré sa bonne volonté ou son expérience, ne semble plus incarner pleinement.
En choisissant la continuité, Idriss Dokony Adiker prend à contre-pied ceux qui espéraient un passage de relais capable de tourner la page des crispations passées. Son choix, jugé mal inspiré par certains observateurs, risque de maintenir l’institution dans une dynamique de tensions alors que le sport tchadien aurait besoin d’apaisement et de nouvelles impulsions.
Au final, plus qu’une candidature, c’est une question de lucidité et de stratégie qui est posée. Et pour beaucoup, l’actuel président n’a pas fait le bon choix.
HIGDE NDOUBA Martin
