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Sao juniors : la défaite des aînés contamine-t-elle la relève ?

Battus 3-0 par les Lions indomptables U-20 du Cameroun, lundi 12 octobre 2026 au stade d’Olembé, lors du tournoi U-20 de l’UNIFFAC à Yaoundé, les jeunes Tchadiens prolongent une série de contre-performances qui interroge. Derrière cette défaite, une question dérange : comment espérer bâtir une sélection compétitive lorsque les difficultés du football tchadien semblent se transmettre d’une génération à l’autre ?

Une défaite de plus, un signal inquiétant

Le scénario devient familier. Le lundi 12 octobre 2026, les Sao juniors ont subi la loi des Lions indomptables U-20, qui se sont imposés sur le score sans appel de trois buts à zéro au stade d’Olembé, à Yaoundé. Cette rencontre, disputée dans le cadre du tournoi de l’Union des fédérations de football d’Afrique centrale (UNIFFAC), s’inscrit dans la course aux qualifications pour la Coupe d’Afrique des nations U-20 de 2027.

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Au-delà du résultat, c’est la répétition des contre-performances qui interpelle. Les Sao juniors étaient attendus pour défendre les couleurs nationales et montrer que la relève du football tchadien pouvait nourrir de nouvelles ambitions. Mais cette défaite face au Cameroun ravive les interrogations sur la préparation, l’encadrement et les moyens mis à la disposition des jeunes joueurs.

Faut-il désormais considérer la défaite comme une fatalité dans le football tchadien ? La question mérite d’être posée, même si un match perdu ne suffit pas, à lui seul, à juger le potentiel d’une génération.

Le mal dépasse les juniors

Les difficultés des jeunes ne peuvent être analysées indépendamment de celles de la sélection nationale senior. Depuis plusieurs rencontres, l’équipe première peine à renouer avec la victoire, y compris devant son public. Cette situation nourrit la frustration des supporters, qui attendent des résultats à la hauteur de leur attachement au maillot national.

Dans ce contexte, voir les Sao juniors s’incliner à leur tour renforce le sentiment d’un problème structurel. Le football ne se construit pas uniquement à travers des convocations et des participations aux compétitions internationales. Il exige une politique cohérente de formation, des championnats réguliers, des infrastructures adaptées et un accompagnement durable des talents.

Sans ces fondations, les jeunes risquent de reproduire les mêmes difficultés que leurs aînés. La relève devient alors le prolongement des faiblesses du présent, au lieu d’incarner la promesse d’un avenir meilleur.

Quelles ambitions pour le football tchadien ?

La défaite de Yaoundé doit servir de point de départ à une réflexion sérieuse. Les responsables du football tchadien doivent examiner les conditions de préparation de la sélection, la qualité de l’encadrement technique et les moyens accordés aux catégories de jeunes.

Il ne suffit pas de dénoncer les mauvais résultats après chaque rencontre. Il faut établir un diagnostic, fixer des objectifs mesurables et assurer un suivi transparent des équipes nationales. La formation des entraîneurs, la détection précoce des talents et l’organisation de compétitions locales régulières doivent devenir des priorités.

Les Sao juniors ont encore besoin de temps, d’expérience et de soutien pour progresser. Les condamner serait injuste. Mais leur défaite face au Cameroun rappelle que le talent individuel ne peut compenser durablement les insuffisances d’un système.

Sortir enfin du cercle des défaites

Le football tchadien ne manque pas de passion populaire. Ce qui lui fait défaut, c’est une dynamique de résultats durable, soutenue par une stratégie claire et des investissements conséquents.

Les Sao juniors ne doivent pas porter seuls le poids des espoirs déçus. Leur revers engage aussi la responsabilité des structures chargées de préparer l’avenir du football national.

À Yaoundé, le score est de 3-0. Mais la véritable question dépasse les trois buts encaissés : quand le Tchad décidera-t-il de faire de la formation, de la performance et de la victoire un projet collectif plutôt qu’un simple slogan ?

Car à force de perdre sans tirer les leçons nécessaires, la défaite finit par ressembler à une habitude. Et aucune nation ne peut bâtir son avenir sportif sur la résignation.

Martin HIGDE NDOUBA

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