Sabotages, défis et milliards : comment SN-BRAFASO revient à la vie
Le Burkina Faso a marqué une nouvelle étape dans sa quête d’autonomie économique. Le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a procédé, le 25 novembre 2025, à l’inauguration de la Société Nouvelle Brasseries du Faso (SN-BRAFASO), dans la commune de Komsilga.
Cette relance est particulièrement symbolique, car elle met fin à une fermeture de près de 20 ans, l’ancienne BRAFASO ayant cessé ses activités en 2008. Le Conseil des ministres avait acté sa résurrection le 31 décembre 2024.
Chiffres clés et impact industriel
La SN-BRAFASO est établie comme une société d’économie mixte avec un capital initial de 6 milliards de francs CFA. L’État a massivement investi pour la réhabiliter, rachetant les actifs de l’ancien promoteur pour 11,1 milliards de francs CFA. Le coût global des travaux s’élève à environ 17,9 milliards de francs CFA, répartis entre 9 milliards pour les équipements et près de 8,9 milliards pour les infrastructures.

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Selon le ministre chargé des industries, Serge Poda, la SN-BRAFASO ambitionne une production annuelle de 600 000 hectolitres. Elle propose initialement deux produits : la Braf’Or et la Brafaso. À moyen terme, l’offre s’étendra à la production de sucrerie et d’eau minérale, contribuant ainsi à diversifier l’économie locale.
La mission principale de la SN-BRAFASO, telle que définie par Serge Poda, est de valoriser les matières premières locales, un levier essentiel pour réduire les importations du pays. L’impact social est également majeur : la mise en service de la société va créer des centaines d’emplois directs et des milliers d’emplois indirects sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Objectifs stratégiques et création d’emplois
Serge Poda a insisté sur la portée politique de l’initiative, déclarant que la renaissance de la SN-BRAFASO est « la démonstration concrète que notre pays refuse désormais les dépendances, les monopoles étouffants et les manœuvres qui visent à freiner sa souveraineté économique ».
Malgré l’enthousiasme, le Capitaine Ibrahim Traoré a révélé que le parcours de relance fut semé d’embûches. Il a notamment souligné que les travaux ont été marqués par des sabotages d’appareils nouvellement commandés, perpétrés par des Burkinabè eux-mêmes commis à la réhabilitation.
Le chef de l’État a toutefois réaffirmé son engagement ferme. « Nous mettrons tout ce qu’il faut mettre en œuvre pour que les unités industrielles vivent, survivent pour le bonheur de notre peuple », a-t-il conclu, promettant des mesures pour éviter que la SN-BRAFASO et d’autres usines ne retombent dans de telles circonstances.
CAROL SAWADOGO