Mbaikoro : une fillette arrêtée à la place de son père
À Mbaikoro, dans le sud du Tchad, un épisode d’une rare absurdité a mis la population en colère : une fillette de trois ans a été arrêtée par la brigade locale à la place de son père, soupçonné d’avoir volé un bœuf. Une scène qui, dans une démocratie fonctionnelle, relèverait de la fiction. Ici, à Mbaikoro, elle témoigne plutôt d’un profond dysfonctionnement des pratiques sécuritaires.
Selon plusieurs témoins, le père de l’enfant aurait été accusé d’avoir dérobé un bœuf appartenant à un éleveur avant de disparaître dans la direction du village de Béguéré. Incapable de retrouver sa trace, la brigade de Mbaikoro aurait alors procédé à l’interpellation de sa fille de trois ans.
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Une décision qui révèle, au-delà du scandale, la dérive de certaines pratiques locales : punir l’innocent faute d’atteindre le suspect.

Protection de l’enfance : des discours, peu d’applications
L’affaire de Mbaikoro expose une contradiction criante entre les engagements officiels du Tchad en matière de protection de l’enfance et la réalité du terrain. Le pays a ratifié les conventions internationales, multiplié les déclarations de principe. Mais dans les pratiques, les droits fondamentaux restent souvent ignorés, surtout dans les zones rurales.
Mbaikoro: Une justice à deux vitesses
Pour les habitants de Mbaikoro, cette affaire est le symbole d’une justice arbitraire où l’on punit « le péché du père » en s’en prenant à son enfant. Une dérive inquiétante qui relance la question du professionnalisme des forces de sécurité et du contrôle de leurs méthodes.
HIGDE NDOUBA Martin