RGPH-3 : derrière le refus, une crise de confiance
Alors que le troisième Recensement général de la population et de l’habitat est lancé, une question demeure : pourquoi une partie des citoyens reste-t-elle distante face à cette opération pourtant stratégique ? Le RGPH-3 est présenté comme une boussole pour le développement national, mais son succès dépend d’abord d’un élément essentiel : la confiance entre les populations et les institutions.
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Quand la méfiance bloque la connaissance du pays
Un pays ne peut construire son avenir sans connaître précisément sa population. Combien sommes-nous ? Où vivons-nous ? Quels sont nos besoins en matière d’éducation, de santé, d’emploi ou d’infrastructures ? Ces questions nécessitent des réponses fiables.
Pourtant, le RGPH-3 rencontre sur le terrain des résistances. Certains citoyens ferment leurs portes aux agents recenseurs, par peur ou par incompréhension. D’autres s’interrogent sur l’utilisation réelle des informations fournies. Dans un environnement marqué par les suspicions envers l’action publique, chaque opération administrative peut devenir source de doute.
Cette situation révèle moins un rejet du recensement qu’un problème plus profond : celui du lien de confiance entre l’État et les citoyens
Poids des rumeurs et des incompréhensions
À l’ère du numérique, les fausses informations circulent plus vite que les messages officiels. Une simple rumeur peut suffire à décourager une famille de participer à une opération nationale.
Pourtant, les données issues du RGPH-3 ne sont pas destinées à surveiller les citoyens, mais à mieux comprendre leurs conditions de vie. Elles permettent notamment d’identifier les zones nécessitant davantage d’écoles, de formations sanitaires, de routes ou de programmes sociaux.
Le défi est donc autant administratif que communicationnel. Les autorités doivent expliquer davantage, écouter les inquiétudes et répondre clairement aux interrogations des citoyens.
Le développement commence par les chiffres
Derrière les statistiques se cachent des réalités humaines. Un village oublié dans les données risque d’être oublié dans les programmes publics. Une région sous-estimée peut recevoir moins d’attention qu’elle ne le mérite.
Participer au RGPH-3 devient alors un acte citoyen. Donner une information juste, c’est contribuer à construire une image réelle du pays et permettre aux décideurs de prendre des décisions adaptées.
La responsabilité ne repose pas uniquement sur les citoyens. Les autorités doivent également garantir la transparence, protéger les données collectées et démontrer que les résultats serviront effectivement l’intérêt général.
La confiance, première condition de réussite
Le RGPH-3 ne doit pas être perçu comme une simple opération statistique, mais comme un contrat entre l’État et la population. Son efficacité dépendra de la capacité des institutions à convaincre et des citoyens à participer.
Un pays qui ignore ses propres réalités avance à l’aveugle. À l’inverse, une nation qui connaît sa population dispose d’un outil précieux pour préparer son avenir.
Le RGPH-3 est donc plus qu’un recensement : c’est un miroir du pays. Encore faut-il accepter de regarder son propre reflet.
Martin HIGDE NDOUBA
