Règlementation de Moto-taxis : Senoussi Hassana Abdoulaye monte au front
En arrivant lui-même à moto à la Place de la Nation, Senoussi Hassana Abdoulaye a voulu transformer le lancement de la réglementation des moto-taxis en symbole de proximité. Mais derrière le geste, c’est toute l’organisation du transport urbain de N’Djaména qui est désormais mise à l’épreuve.
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Un geste qui ne passe pas inaperçu
Il aurait pu arriver en voiture officielle. Il a choisi la moto. À la Place de la Nation, où plus de 200 conducteurs de moto-taxis étaient réunis, Senoussi Hassana Abdoulaye a fait une entrée remarquée, au guidon d’un engin arborant les couleurs des moto-taxis.
Le geste est symbolique : montrer que l’autorité municipale ne veut pas seulement réglementer depuis les bureaux, mais aussi se rapprocher de ceux qui occupent quotidiennement les rues de la capitale.
La cérémonie marquait le lancement du programme de réglementation et d’identification des moto-taxis de N’Djaména. Pour cette première phase, la Commune a pris en charge l’équipement de 100 conducteurs.
Gilets numérotés, badges et casques : les premiers éléments d’un dispositif qui ambitionne de mettre un peu d’ordre dans un secteur devenu incontournable de la mobilité urbaine.
Le numéro plutôt que l’anonymat
Dans les rues de N’Djaména, la moto-taxi est devenue une solution de déplacement pour de nombreux habitants. Mais lorsque le conducteur n’est pas identifiable, l’usager ne dispose que de peu de garanties en cas de problème. Le nouveau système veut précisément s’attaquer à cette difficulté.
Chaque conducteur enregistré dispose désormais d’une fiche auprès du Comité multisectoriel du transport urbain et d’un numéro d’identification unique. Le gilet n’est donc pas qu’un vêtement : il doit permettre de faire passer le conducteur de l’anonymat à la traçabilité.
Senoussi Hassana Abdoulaye veut ainsi installer progressivement une nouvelle habitude chez les usagers : regarder le numéro avant de monter.
Rentrée scolaire comme premier test
Le calendrier n’est pas anodin. À quelques jours de la rentrée scolaire, les moto-taxis seront particulièrement sollicités par les familles et les élèves.
Le président du comité appelle donc les parents à privilégier les conducteurs identifiés et équipés pour les déplacements de leurs enfants.
Un message qui pose une question simple : dans une ville où les déplacements en moto sont devenus quotidiens, pourquoi ne pas savoir précisément à qui l’on confie son enfant ?
L’appel de Senoussi Hassana Abdoulaye dépasse ainsi la seule cérémonie. Il s’agit de faire de l’identification un réflexe collectif.
Vrai défi commence maintenant
Car le plus difficile reste à faire. Équiper 100 conducteurs constitue un premier pas. Mais N’Djaména compte bien davantage de conducteurs de moto-taxis. L’enjeu sera donc d’étendre le dispositif, mais surtout de garantir son application dans la durée.
Senoussi Hassana Abdoulaye devra désormais transformer l’image forte de son arrivée à moto en résultats concrets sur le terrain. Combien de conducteurs seront enregistrés dans les prochains mois ? Comment seront contrôlés ceux qui refuseront de se conformer au dispositif ? Quelles sanctions seront prévues en cas d’infraction ? Et surtout, comment empêcher que les gilets et badges ne deviennent de simples accessoires administratifs ?
La réponse à ces questions dira si l’opération est une véritable réforme du transport urbain ou simplement une belle cérémonie de lancement. Pour Senoussi Hassana Abdoulaye, le pari est lancé : faire de l’identification un outil de confiance entre conducteurs, autorités et usagers. Une moto-taxi identifiée ne résout pas tout, mais elle permet au moins de savoir qui conduit, qui transporte et à qui demander des comptes.
Martin HIGDE NDOUBA

