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Rationalisation des ambassades : vers une diplomatie de rupture ?

Le 4 septembre 2025, le gouvernement du Burkina Faso a adopté un décret  sur ses représentations diplomatiques. Cette décision marque un tournant décisif dans la gestion de ses ambassades et consulats. 

 

Le président Ibrahim Traoré, lors d’une rencontre le 11 juillet 2024 à Ouagadougou, avait exprimé sa volonté de réduire le poids budgétaire de ces institutions, symptomatique d’une gouvernance en quête d’efficacité.

 

« Nous devons diminuer le budget du ministère des Affaires étrangères », a-t-il souligné. Le constat est clair : certaines ambassades comptent 40 à 50 agents, engendrant des coûts exorbitants. Alors que le budget a augmenté depuis 2015, la rationalisation devient une nécessité impérieuse.

 

Lire aussi: Crise diplomatique : l’ONU et le Burkina Faso au bord de la rupture ?

 

Cette réorganisation s’inscrit dans une réflexion plus large. Mélégué Traoré, ancien ambassadeur, dans une interview accordée en janvier 2020 sur la vie diplomatique du Burkina, de 1960 à ce jour  affirme que « la gestion des missions diplomatiques coûte toujours cher ». Indemnités, loyers, scolarité des enfants, frais de santé… autant de dépenses qui pèsent lourdement sur les finances publiques.

 

La rationalisation des ambassades pour une diplomatie responsable

 

Avec l’adoption de  ce décret, les nouvelles conditions d’affectation et de rémunération s’annoncent strictes. Une grille indiciaire révisée, la limitation des avantages et la suppression de la prise en charge des frais de scolarité sont autant de mesures destinées à rationaliser les dépenses. 

 

Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a précisé que cette initiative vise à relancer l’économie du pays. Les retours de la diaspora sont déjà positifs. 

 

Un Burkinabè vivant à l’étranger a déclaré : « C’est une bonne décision. Trop souvent, on a l’impression que le personnel des ambassades ne s’applique pas à défendre nos intérêts. »

 

Ces changements s’inscrivent dans la dynamique d’une gouvernance plus responsable et soucieuse des réalités économiques. Les Burkinabè espèrent désormais que cette réforme revitalisera l’image et le fonctionnement de leurs représentations diplomatiques à l’étranger. Le réalisme semble enfin l’emporter sur les hésitations.

 

Flora BARO

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