Raoul Savoy et Marius Mouandilmadji au cœur de la fracture
La double défaite du Tchad face au Burundi lors de préliminaire des éliminatoires de la CAN 2027 continue d’alimenter les débats. Entre les accusations de sabotage lancées par le sélectionneur Raoul Savoy et la réponse du capitaine Marius Mouandilmadji, une question agite les supporters : qui porte réellement la responsabilité de cet échec ? Au-delà des polémiques, le problème semble bien plus profond.
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Des accusations qui divisent
Quelques mois après les deux revers concédés face au Burundi, l’entraîneur Raoul Savoy a choisi de sortir du silence. Invité sur une émission de la Web Radio Le Réseau de Citoyens, il a a attribué une partie de l’échec à une supposée attitude de certains joueurs qu’il qualifie de sabotage. Dans ses déclarations, il a notamment cité Marius Mouandilmadji et trois autres joueurs, affirmant qu’ils ne feront plus partie de ses plans s’il restait à la tête des Sao.
Une sortie médiatique qui a surpris plus d’un observateur. Car au-delà de la gravité des accusations, aucune preuve concrète n’a été avancée pour étayer ces affirmations. Dans un contexte déjà tendu, ces propos ont davantage nourri la polémique qu’apporter des réponses sur les raisons de la débâcle.
Marius Mouandilmadji contre-attaque
Face aux accusations, Marius Mouandilmadji n’a pas tardé à réagir. Le capitaine des Sao a rejeté toute idée de sabotage et a préféré mettre en avant des insuffisances techniques et organisationnelles. Selon lui, des erreurs tactiques ainsi qu’une mauvaise appréciation des conditions climatiques ont lourdement pesé sur les performances de l’équipe.
La réponse de Marius Mouandilmadji a trouvé un certain écho auprès d’une partie des supporters. Beaucoup estiment que les difficultés de la sélection nationale ne peuvent être réduites à l’attitude de quelques joueurs. Pour eux, les problèmes sont structurels et remontent à plusieurs années.
Équipé encore loin du haut niveau
La véritable question n’est peut-être pas de savoir si Raoul Savoy ou Marius Mouandilmadji a raison. Elle est plutôt de comprendre pourquoi le Tchad peine encore à construire une équipe compétitive. À chaque rassemblement, les mêmes constats reviennent : préparation insuffisante, manque de continuité dans le groupe et absence de matchs de haut niveau.
Le président de la Fédération tchadienne de football association (FTFA), Tahir Oloy Hassan, a lui aussi dénoncé l’attitude de certains joueurs, estimant qu’ils avaient manqué à leur devoir envers la nation. Mais même ces critiques ne sauraient masquer une réalité persistante : une équipe constituée à la veille des rencontres ne peut rivaliser durablement avec des sélections mieux organisées.
Finalement, ni Raoul Savoy ni Marius Mouandilmadji ne devraient être les seuls visés par les critiques. Car derrière ce duel médiatique se cache un problème plus vaste. Tant que les bases du football tchadien ne seront pas consolidées, les débats autour de Marius Mouandilmadji ou d’un autre joueur risquent de se répéter après chaque désillusion. Et la nation continuera de chercher des coupables là où elle devrait chercher des solutions.
Martin HIGDE NDOUBA


