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Octobre Rose : solidarité masculine au rendez-vous

Au Tchad, chaque mois d’octobre remet le cancer du sein au centre des conversations. Mais derrière les rubans roses et les campagnes de sensibilisation, une question demeure : quelle place les hommes prennent-ils dans ce combat ? Octobre Rose ne peut pas rester une affaire de femmes. Lorsqu’une mère, une épouse, une sœur ou une fille est touchée, c’est toute la famille qui est concernée.

Maladie qui frappe aussi les familles

Octobre Rose ne devrait pas se limiter aux cérémonies, aux conférences et aux publications sur les réseaux sociaux. Au Tchad, la maladie confronte aussi les familles aux réalités de l’accès aux soins, des déplacements, des dépenses médicales et de l’accompagnement des malades.

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Derrière une femme qui suit un traitement, il y a souvent une famille qui s’organise. Qui accompagne aux rendez-vous ? Qui cherche les moyens financiers ? Qui reste aux côtés de la malade lorsque les traitements deviennent difficiles ? Les hommes ont donc toute leur place dans cette chaîne de solidarité.

Messieurs, il faut sortir du silence

Dans une société où certaines questions liées au corps et à la santé restent difficiles à aborder, parler du cancer du sein n’est pas toujours évident. Pourtant, le silence ne protège personne.

Octobre Rose doit aussi être un moment où les hommes s’informent. Un mari peut encourager sa femme à consulter. Un frère peut accompagner sa sœur. Un père peut sensibiliser ses filles. Un fils peut soutenir sa mère.

Ces gestes paraissent simples, mais ils peuvent contribuer à créer un environnement familial où la santé des femmes n’est plus un sujet que l’on repousse à demain.

N’Djaména ne doit pas être le seul centre de mobilisation

La sensibilisation ne doit pas rester concentrée dans la capitale. Les femmes vivant dans les provinces doivent également pouvoir accéder à l’information et aux services de santé disponibles.

De N’Djaména aux villes secondaires, des zones rurales aux communautés éloignées, le message de prévention doit circuler. Les associations, les professionnels de santé, les médias, les collectivités et les familles peuvent jouer un rôle complémentaire. Mais cette mobilisation doit aussi atteindre les hommes.

Rose après octobre

Le véritable défi d’Octobre Rose commence lorsque les affiches disparaissent. Que reste-t-il après les campagnes ? Que devient la sensibilisation lorsque novembre arrive ?

La prévention ne devrait pas suivre le calendrier des campagnes. Elle doit s’inscrire dans la durée, avec davantage d’information, de dialogue et d’accompagnement.

Au Tchad, la lutte contre le cancer du sein mérite donc une mobilisation qui dépasse les symboles. Les femmes ne doivent pas porter seules le poids de cette bataille.

Solidarité masculine à construire

Octobre Rose doit rappeler aux hommes une évidence : la santé des femmes est aussi une responsabilité familiale et sociale.

Il ne s’agit pas de parler à leur place, mais de les écouter. Il ne s’agit pas de prendre leur combat, mais de les accompagner. Un homme qui informe, qui soutient, qui accompagne ou qui encourage une proche à consulter participe déjà à cette lutte.

Car Octobre Rose ne devrait pas être seulement le mois du ruban rose. Il devrait être le mois où les familles tchadiennes comprennent que face au cancer du sein, personne ne doit rester seul.

Et si cette année, les hommes faisaient de la solidarité non pas un geste d’un mois, mais un engagement de toute l’année ? Octobre Rose ne demande pas seulement de changer la couleur des affiches. Il demande de changer les comportements.

Martin HIGDE NDOUBA

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