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N’Djamena : les oubliées du 08 mars

Chaque année, à N’Djamena, le 08 mars est célébré avec solennité. Discours vibrants, salles décorées, pagnes flamboyants, promesses renouvelées. On parle d’autonomisation, de leadership féminin, de droits consolidés. Mais pendant que les micros crépitent, d’autres voix restent étouffées par la poussière des marchés. Celles des vendeuses de légumes du marché à mil et de Dembé.

Une célébration à deux vitesses

Le 08 mars semble parfois devenu un événement protocolaire, réservé aux femmes visibles : cadres, responsables administratives, diplômées. Leur mérite est indéniable. Mais que dire de ces femmes qui, chaque jour, tiennent l’économie informelle à bout de bras ?

08 mars

Exposées au soleil brûlant, installées au bord des routes, elles paient des droits de place pour vendre quelques tas de gombo, de tomates ou de mil. Sans hangar. Sans protection. Sans reconnaissance réelle.

Pour elles, le 08 mars ne change rien. Il passe comme une date sur le calendrier, sans incidence sur leurs conditions de travail.

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L’hypocrisie des discours

On parle d’autonomisation lors du 08 mars. Mais peut-on parler d’autonomie quand une femme travaille dans la précarité absolue ? Peut-on invoquer la dignité tout en fermant les yeux sur celles qui vendent sous un soleil implacable ?

Le 08 mars ne devrait pas être un théâtre d’autosatisfaction. Il devrait être un miroir. Un miroir qui oblige à regarder les inégalités en face.

Car ces commerçantes ne demandent ni faveurs ni privilèges. Elles demandent un espace aménagé. Un minimum d’organisation. Un respect élémentaire.

Les autorités interpellées

Les autorités communales de N’Djamena ainsi que le ministère en charge de la Femme sont aujourd’hui interpellés. Le 08 mars ne doit pas être un rituel symbolique, mais un moment de vérité.

Si cette journée internationale doit avoir un sens, elle doit commencer par celles qui, dans l’ombre, font vivre les marchés et nourrissent la ville.

Car au fond, le véritable hommage du 08 mars ne se mesure pas au nombre de discours prononcés, mais aux conditions de vie améliorées pour les femmes les plus vulnérables.

Martin HIGDE NDOUBA

 

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