Nambatingue Toko : du Tchad au Parc des Princes, la dernière révérence d’un pionnier
Le football tchadien est en deuil après la disparition de Nambatingue Toko, décédé le 9 février 2026 à 73 ans dans le sud de la France. Né à N’Djamena sous le nom de Dieudonné Nambatingue, l’attaquant appartient à cette génération de joueurs africains qui ont tenté très tôt l’aventure européenne, à une époque où les passerelles entre les deux continents restaient rares.
Des débuts modestes, une ascension rapide
Arrivé en France en 1973 à l’âge de 21 ans, Nambatingue Toko fait ses premières armes à Grenoble, puis à Albi. Doté d’un gabarit imposant et d’un sens du but affirmé, il attire l’œil des recruteurs de Nice en 1975. Chez les Aiglons, il franchit un cap, découvre l’élite et obtient la double nationalité franco-tchadienne, ouvrant la voie à une carrière au plus haut niveau.
De Bordeaux à Strasbourg où il conquiert un titre de champion de France puis Valenciennes, Nambatingue Toko construit sa réputation. Sa saison 1979-1980 (12 buts en 25 matches de D1) confirme son efficacité et convainc Paris de miser sur lui pour renforcer son secteur offensif.
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Les années parisiennes
Au PSG, Nambatingue Toko s’illustre dans les moments décisifs. Il marque en finale de Coupe de France 1982 contre Saint-Étienne et récidive l’année suivante face à Nantes avec un but décisif. Les supporters parisiens gardent aussi en mémoire sa reprise de demi-volée contre le Lokomotiv Sofia en Coupe d’Europe, illustration de sa qualité technique.

Entre 1980 et 1985, l’attaquant inscrit 43 buts en 171 rencontres sous le maillot parisien. International tchadien à 17 reprises, Nambatingue Toko contribue à donner une visibilité inédite au football de son pays. Son parcours symbolise l’émergence progressive des joueurs d’Afrique centrale dans les championnats européens.
Après les terrains, la transmission
Après un passage au Racing Paris, il met fin à sa carrière puis revient au PSG en 1989 comme superviseur des adversaires, avant d’intégrer la cellule de recrutement. Installé dans le sud de la France après 1998, Nambatingue Toko y vivait loin des projecteurs. Son héritage demeure pourtant bien vivant : celui d’un pionnier dont le parcours a ouvert des horizons à de nombreux footballeurs tchadiens.
Martin HIGDE NDOUBA