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Naïr Abakar: qui sont les vrais ennemis de la jeunesse tchadienne ?

Le 7 avril, lors de sa prise de fonction, Naïr Abakar a frappé fort : « Les ennemis de la jeunesse, on les connaît très bien, et leur temps est terminé ». Une déclaration qui sonne comme une promesse de rupture. Mais au Tchad, les discours volontaristes ne manquent pas ; ce qui fait défaut, ce sont les actes. En tenant ces propos, Naïr Abakar s’expose lui-même à une exigence de résultats immédiats.

Les vrais ennemis : un système verrouillé

Il ne sert à rien de tourner autour du pot. Les véritables ennemis de la jeunesse tchadienne ne sont ni abstraits ni inconnus. Ce sont des pratiques bien ancrées : le clientélisme, le favoritisme, et la politisation excessive de l’accès à l’emploi. Aujourd’hui, pour de nombreux jeunes, réussir dépend moins des compétences que de l’appartenance à un camp politique. Une réalité que Naïr Abakar ne peut ignorer.

En affirmant que ces ennemis sont identifiés, Naïr Abakar reconnaît implicitement l’existence d’un système injuste. Mais reconnaître ne suffit pas. Il faut démanteler. Et cela exige du courage, car ces pratiques sont souvent protégées par ceux-là mêmes qui détiennent le pouvoir.

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Une jeunesse fatiguée des promesses

La jeunesse tchadienne n’est plus naïve. Elle a entendu, année après année, des engagements similaires restés sans suite. Aujourd’hui, elle observe, elle juge, et surtout, elle attend des preuves. Naïr Abakar, connu pour son dynamisme, bénéficie encore d’un capital de confiance. Mais celui-ci est limité dans le temps.

Naïr Abakar doit comprendre que chaque mot prononcé crée une attente. Et dans un pays où le chômage des jeunes reste élevé, où les opportunités sont rares, l’impatience est légitime. Les jeunes ne veulent plus de discours inspirants ; ils veulent des politiques concrètes, des programmes efficaces, et des résultats mesurables.

Le test du courage politique

La question n’est donc pas de savoir si Naïr Abakar a raison. Oui, les ennemis de la jeunesse existent. La vraie question est de savoir s’il osera les affronter. Car s’attaquer à ces maux, c’est inévitablement bousculer des intérêts, remettre en cause des habitudes, et déranger des réseaux puissants.

Naïr Abakar joue ici bien plus que sa crédibilité personnelle. Il incarne, pour beaucoup, une possibilité de changement. Mais si cette promesse échoue, elle risque d’accentuer encore davantage la fracture entre la jeunesse et les institutions.

L’heure n’est plus aux déclarations. Elle est à l’action. Naïr Abakar est désormais face à un choix clair : rompre réellement avec les pratiques qu’il dénonce ou s’inscrire, malgré lui, dans leur continuité. La jeunesse tchadienne, elle, a déjà choisi : elle ne croit plus aux mots, seulement aux actes.

Martin HIGDE NDOUBA

 

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