MPS : 35 ans au pouvoir… et maintenant ?
Trente-cinq ans après son arrivée au pouvoir, le MPS tente de célébrer son parcours, mais les festivités ressemblent davantage à un miroir brisé qu’à un jubilé politique. Car en dépit de ses longues années de présence à la tête de l’État, le bilan du MPS reste loin des promesses initiales : développer, moderniser et stabiliser le Tchad.
Le pays demeure classé parmi les plus pauvres du continent, ses infrastructures sont inachevées, son système éducatif s’effondre et ses hôpitaux peinent à assurer des soins de base. La manne pétrolière, longtemps présentée comme une chance historique, n’a pas tenu ses promesses. Et si les responsables du parti invoquent régulièrement les crises sécuritaires et économiques, ces justifications ne suffisent plus à masquer les insuffisances structurelles du MPS.
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À N’Djamena comme en province, un sentiment d’usure s’installe. Le parti au pouvoir, qui fut jadis synonyme d’espoir, apparaît aujourd’hui comme un appareil vieillissant, enfermé dans ses propres réflexes. Le MPS n’a pas su renouveler son leadership ni proposer une vision capable de mobiliser la jeunesse, majoritaire dans le pays. Entre fêtes d’anniversaire et réalité du terrain, le décalage est frappant.
Reste une question majeure : ces 35 ans doivent-ils être célébrés ou interrogés ? Car pour une grande partie des Tchadiens, le temps n’est plus à l’autosatisfaction mais à la rédemption. Après plus de trois décennies, le MPS est face à un choix : persister dans une gouvernance qui a montré ses limites ou amorcer, enfin, la rupture tant attendue.
Une évidence s’impose toutefois : après 35 ans de pouvoir, ce que les citoyens attendent réellement du partie , c’est moins un anniversaire que des actes forts, concrets et mesurables.
HIGDE NDOUBA Martin