Max Kemkoye : libre, mais pas encore délivré
Après plusieurs mois de détention, Max Kemkoye a retrouvé sa famille le 14 août au soir. Dans sa première prise de parole depuis sa libération, l’opposant tchadien remercie ses soutiens, revendique ses convictions et élargit son regard à tous ceux qui restent détenus. Un retour à la liberté placé sous le signe de la justice, de l’unité et de la poursuite du combat politique.
Une liberté qui a le goût des retrouvailles
Le premier message de Max Kemkoye n’est ni celui d’un homme revanchard ni celui d’un prisonnier brisé. C’est celui d’un père qui retrouve les siens après une longue absence. Parti de son domicile le 25 avril 2026, il affirme n’y être revenu que le 14 août, en début de soirée.
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Entre ces deux dates, il dit avoir vécu plus de trois mois loin de sa femme, de sa mère, de ses proches et surtout de sa fille, alors âgée de seulement trois mois. Une séparation douloureuse que Max Kemkoye raconte avec émotion, sans toutefois céder à l’amertume. Son crime, selon ses propres mots : avoir voulu marcher pacifiquement pour défendre le droit, la liberté et la justice.
« Je ne serai libre que lorsque vous le serez »
C’est peut-être la phrase la plus politique de cette première sortie. Max Kemkoye refuse de réduire sa libération à une victoire personnelle. Pour lui, la liberté individuelle n’a de sens que si elle devient une réalité collective.
« Aujourd’hui, semble-t-il que je suis libre », écrit-il, avant de poser une condition : il ne le sera véritablement que lorsque les Tchadiens verront leurs droits respectés et leurs libertés garanties.
Le propos sonne comme un rappel à l’ordre politique. La grâce ou la libération d’un opposant ne suffit pas, si d’autres citoyens demeurent derrière les barreaux.
Derrière les murs, d’autres attendent
C’est justement vers ceux qu’il a laissés à la Maison d’arrêt de Klessoum que Max Kemkoye tourne désormais son regard. Il évoque des détenus qu’il considère comme innocents, notamment les personnes condamnées ou déportées dans l’affaire de Mandakao ainsi que des religieux toujours détenus.
L’ancien prisonnier demande aux Tchadiens de prier pour eux et souhaite qu’ils retrouvent rapidement leur liberté.
Cette déclaration transforme son retour en tribune. Max Kemkoye ne parle plus seulement de son propre sort : il se fait la voix de ceux qui, selon lui, n’ont pas encore retrouvé la lumière.
Unité plutôt que la vengeance
Après l’épreuve, le ton aurait pu être celui du règlement de comptes. Il n’en est rien. Max Kemkoye choisit le mot «unité ». Pour lui, la première richesse d’une nation reste sa capacité à croire en la République et à préserver sa cohésion.
« Unis nous sommes forts, unis, nous serons grands », résume-t-il. Ce message est aussi une main tendue. Dans un paysage politique marqué par les tensions, Max Kemkoye entend transformer son expérience carcérale en plaidoyer pour la liberté, la justice et le dialogue.
Son retour à la maison ne ressemble donc pas à une conclusion. Il ressemble davantage au début d’un nouveau chapitre. Derrière le sourire des retrouvailles familiales demeure une question politique : que fera désormais Max Kemkoye de cette liberté retrouvé
Martin HIGDE NDOUBA
