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Maison d’arrêt de Klessoum : quand la prison devient un marché clandestin

À la Maison d’arrêt de Klessoum (Tchad), l’inventaire des objets prohibés saisis dépasse l’entendement et met à nu une vérité dérangeante : la prison n’est plus seulement un lieu de détention, elle est devenue un espace de trafics organisés.

525 téléphones portables, 235 cartes SIM, 80 batteries, des marteaux, des scies, des haches, des bâtons, des chichas, une imprimante et de la drogue. Ce tableau ne relève ni de la ruse carcérale ni de la débrouillardise des détenus. À la Maison d’arrêt de Klessoum, il s’agit clairement d’un système, d’un réseau, d’une chaîne bien huilée.

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La responsabilité des chaînes de contrôle en question

Il faut avoir le courage de le dire : ces objets n’entrent pas seuls. Ils sont introduits. Et pour être introduits, ils nécessitent des complicités. À la Maison d’arrêt de Klessoum, la question n’est donc plus quoi, mais qui. Qui ferme les yeux ? Qui ouvre les portes ? Qui monnaye l’autorité de l’État ?

L’indignation ne peut plus se limiter aux chiffres spectaculaires. À la Maison d’arrêt de Klessoum, chaque téléphone est une ligne directe avec le crime organisé, chaque outil est une menace pour la vie humaine, chaque gramme de drogue est un aveu d’échec institutionnel.

Une menace pour la sécurité nationale

Ce qui choque le plus, ce n’est pas la répétition des fouilles, mais la répétition des résultats. À la Maison d’arrêt de Klessoum, fouiller sans sanctionner revient à nettoyer sans réparer la fuite. Tant que les responsabilités ne seront pas clairement établies, les opérations resteront de simples exercices de communication.

L’opinion publique attend autre chose que des communiqués. Elle exige des noms, des enquêtes sérieuses et des sanctions exemplaires. À la Maison d’arrêt de Klessoum, l’impunité nourrit le trafic, et le trafic tue l’autorité.

La question posée dépasse les murs de la prison. À la Maison d’arrêt de Klessoum, c’est la crédibilité de l’État qui est enfermée. Et si les coupables ne sont pas identifiés, alors c’est la République elle-même qui aura été prise en otage.

Martin HIGDE NDOUBA

 

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