Lutte contre la corruption : pari de l’UJT sur la presse tchadienne
À N’Djamena, l’Union des journalistes tchadiens (UJT) et l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption ouvrent un atelier consacré au rôle des médias dans la transparence publique. Une initiative qui place le journalisme d’investigation au cœur du combat contre les détournements de fonds et l’impunité.
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Former la presse aux mécanismes de contrôle
Au Tchad, la lutte contre la corruption cherche désormais des relais dans les rédactions. Du 11 au 12 mai 2026, l’UJT organise, en partenariat avec l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), une session de formation destinée aux professionnels des médias à N’Djamena. Plus de quarante journalistes, responsables institutionnels et acteurs du secteur de l’information prennent part à cette rencontre consacrée aux enjeux de gouvernance et de transparence.
À travers cet atelier, l’UJT entend renforcer les capacités des journalistes dans le traitement des affaires de corruption et du journalisme d’investigation. Les échanges portent notamment sur les mécanismes de dénonciation, les techniques d’enquête journalistique et le cadre légal entourant les questions de corruption au Tchad.
Pour l’UJT, il s’agit aussi de consolider les passerelles entre les médias et les institutions publiques sans remettre en cause l’indépendance éditoriale des journalistes. Une équation sensible dans un contexte où les questions de gouvernance restent particulièrement scrutées par l’opinion.
Journaliste acteur de veille citoyenne
Dans son allocution d’ouverture, le président de l’UJT, Abbas Mahamoud Tahir, a insisté sur la responsabilité des médias face à un phénomène qui, selon lui, affaiblit les institutions et ralentit le développement du pays.
« Le journaliste n’est pas seulement un relais d’information, il est aussi un acteur de veille citoyenne, un défenseur du droit du public à l’information et un partenaire essentiel dans la promotion de la transparence et de la redevabilité », a-t-il déclaré devant les participants.

Le responsable de l’UJT a également appelé les journalistes à mieux maîtriser les outils juridiques liés à la lutte contre la corruption afin d’exercer leur métier avec rigueur et professionnalisme. Selon lui, cette formation permettra aux participants de mieux comprendre les missions de l’AILC ainsi que les méthodes d’investigation adaptées aux dossiers sensibles.
AILC mise sur les médias
De son côté, la contrôleure générale adjointe de l’AILC, Fatimé Abdelkarim Soumaïlla, a salué une initiative qu’elle considère comme stratégique pour renforcer la collaboration entre institutions publiques et médias.
Elle a révélé que depuis février 2025, plusieurs missions d’inspection et d’enquête ont été menées dans différentes administrations publiques. Ces opérations auraient permis la récupération d’une partie des fonds détournés ainsi que la restitution de biens appartenant à l’État, notamment des véhicules saisis lors des contrôles.
L’AILC rappelle également avoir mis en place plusieurs mécanismes de signalement, parmi lesquels le numéro vert gratuit 12-22, un site internet et un bureau chargé de recevoir plaintes et dénonciations.
Pour l’UJT comme pour l’AILC, la presse demeure un acteur clé dans la promotion de l’intégrité publique, à condition que le travail journalistique repose sur la vérification des faits, le respect de l’éthique et la rigueur professionnelle.
Martin HIGDE NDOUBA
Mot clé : UJT