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Karité : Bobo-Dioulasso voit plus loin

Faire du karité autre chose qu’une simple matière première exportée. C’est l’ambition affichée à Bobo-Dioulasso, où les principaux acteurs de la filière ont tenu leur Assemblée générale ordinaire. Entre gouvernance, préservation des ressources et industrialisation, le Burkina Faso veut transformer son « or vert » en véritable moteur de croissance.

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Bobo-Dioulasso, capitale d’une filière stratégique

Ce mercredi 15 juillet 2026, Bobo-Dioulasso est devenue le point de convergence des producteurs, collecteurs, transformateurs, exportateurs et partenaires techniques de la filière karité. L’Assemblée générale ordinaire de l’Interprofession Table Filière Karité s’est ouverte dans un contexte où la valorisation des ressources locales s’impose comme un levier incontournable de développement.

Le karité occupe une place particulière dans l’économie burkinabè. Il représente des milliers d’emplois, assure des revenus à de nombreuses familles rurales et contribue aux exportations nationales. Pourtant, une grande partie de cette richesse continue d’être exportée sous forme brute, limitant les retombées économiques pour le pays.

Gouvernance au service de la performance

À Bobo-Dioulasso, les membres de l’interprofession ont passé en revue le rapport d’activités et le bilan financier de l’organisation. Pour son président, Oumar Tiémogo Cissé, la tenue régulière de deux assemblées générales par an permet de garantir une gestion transparente et de renforcer la participation de tous les acteurs.

Cette rencontre n’avait pas seulement pour objectif de dresser un état des lieux. Elle devait également recueillir les propositions des différents maillons de la chaîne afin d’améliorer la gouvernance de la filière et d’anticiper les défis liés à la compétitivité, à la transformation industrielle et à la conquête de nouveaux marchés.

Préserver l’« or vert » pour les générations futures

Organisée durant le mois du Karité, la rencontre de Bobo-Dioulasso a mis l’accent sur la nécessité de protéger cette ressource naturelle. Les participants ont insisté sur la plantation de nouveaux arbres afin de renouveler le parc de karité, aujourd’hui confronté aux effets du changement climatique, à la déforestation et à la pression foncière.

La filière entend également renforcer son impact social en créant davantage d’emplois pour les jeunes et les femmes, principaux piliers des activités de collecte et de transformation. Cette approche vise à faire du karité un outil de développement inclusif, au-delà de sa seule dimension commerciale.

Transformer localement pour capter davantage de richesse

Depuis Bobo-Dioulasso, l’objectif est désormais clairement assumé : transformer localement, d’ici moins de dix ans, l’ensemble de la production nationale de karité. Une ambition qui s’inscrit dans la stratégie d’industrialisation du Burkina Faso et qui permettrait de multiplier la valeur ajoutée, de stimuler les investissements et de renforcer les capacités des entreprises locales.

Mais cette transformation ne pourra réussir sans une mobilisation collective. Financements, infrastructures, innovation et accompagnement des producteurs seront déterminants pour franchir ce cap. À Bobo-Dioulasso, les acteurs de la filière ont affiché une conviction commune : le karité ne doit plus être seulement un produit d’exportation, mais devenir un véritable symbole de souveraineté économique et de prospérité durable pour le Burkina Faso.

Martin HIGDE NDOUBA

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