Forum pharmaceutique : pari de la souveraineté sanitaire africaine
Réunis à N’Djamena pour la 25ᵉ édition du Forum pharmaceutique international, décideurs, experts et professionnels de santé ont placé la question de la production locale des médicaments au cœur des débats. Plus qu’une simple rencontre scientifique, ce rendez-vous apparaît comme un appel pressant à bâtir une véritable souveraineté sanitaire africaine.
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Forum pharmaceutique face au défi de l’autonomie
La capitale tchadienne accueille depuis ce mercredi la 25ᵉ édition du Forum pharmaceutique, un événement majeur qui rassemble des participants venus de 37 pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie. Pendant trois jours, les réflexions porteront sur le renforcement de l’accès aux soins de santé à travers la production locale et le développement de la pharmacie hospitalière.
À l’heure où les crises sanitaires mondiales mettent en lumière les fragilités des systèmes de santé africains, ce Forum pharmaceutique intervient dans un contexte où les États du continent sont appelés à repenser leurs stratégies d’approvisionnement en médicaments et en produits médicaux essentiels.
Le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a rappelé avec force que la dépendance excessive aux importations constitue une menace pour la sécurité sanitaire. Selon lui, la mise en place d’une industrie pharmaceutique nationale représente une solution durable pour garantir l’accès aux médicaments tout en luttant contre les produits contrefaits.
Produire en Afrique pour les Africains
Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre Allah-Maye Halina, représentant le Président de la République, a lancé un message sans ambiguïté. Pour lui, produire localement n’est plus une option mais une nécessité stratégique. Cette déclaration résume parfaitement l’esprit du Forum pharmaceutique : faire de l’Afrique un acteur de sa propre santé plutôt qu’un simple consommateur des productions venues d’ailleurs.
Les leçons de la pandémie de Covid-19 restent encore gravées dans les mémoires. Les ruptures d’approvisionnement et les difficultés d’accès aux vaccins ont démontré la vulnérabilité des pays dépendants des marchés internationaux. Le Forum pharmaceutique offre ainsi une plateforme de réflexion pour construire des solutions adaptées aux réalités africaines.
Ambition qui doit dépasser les discours
Le Tchad garde un souvenir positif de l’édition de 2012 du Forum pharmaceutique, qui avait contribué à des avancées notables, notamment la création de la filière pharmacie à l’Université de N’Djamena. Aujourd’hui, les attentes sont encore plus grandes.
Les interventions du directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mahamat Yakhoub Djanabi, et du président de l’Inter-Ordre africain des pharmaciens, Moustapha Laroussi, ont rappelé l’urgence d’investir dans la formation, la recherche et les infrastructures de production.
Au-delà des déclarations d’intention, ce Forum pharmaceutique doit déboucher sur des engagements concrets. Car la véritable indépendance sanitaire de l’Afrique passera par sa capacité à produire elle-même ses médicaments, ses vaccins et ses solutions thérapeutiques. Le temps des constats est révolu ; celui de l’action est arrivé.
Martin HIGDE NDOUBA

