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Électricité : 557 milliards pour éclairer le Tchad, via l’hydroélectricité

Face aux limites persistantes de sa production énergétique, le Tchad veut accélérer son ouverture au réseau régional. N’Djamena prépare l’importation de 100 MW depuis le Cameroun, un projet majeur qui doit réduire le coût de l’énergie et améliorer l’accès à l’électricité dans le pays.

Raccordement stratégique

Le Tchad franchit une nouvelle étape dans sa quête d’une énergie plus abondante et plus abordable. Les autorités viennent de lancer un appel d’offres pour la construction des infrastructures nécessaires au raccordement du réseau tchadien au réseau électrique camerounais. À terme, N’Djamena ambitionne d’importer jusqu’à 100 MW d’électricité depuis son voisin.

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Cette interconnexion doit notamment s’appuyer sur la construction de lignes à très haute tension de 225 kV ainsi que sur plusieurs postes de transformation. Un chantier technique considérable, mais présenté comme indispensable pour renforcer la sécurité énergétique du pays et réduire sa dépendance à une production nationale encore insuffisante.

Miser sur l’hydroélectricité

L’intérêt du projet dépasse la seule question de la quantité disponible. En important une partie de son énergie depuis le Cameroun, le Tchad pourrait bénéficier d’une production principalement issue de l’hydroélectricité. Une source généralement moins coûteuse que celle provenant des centrales thermiques, dont le fonctionnement dépend notamment des combustibles fossiles.

Pour une économie confrontée à des besoins croissants, cette différence de coût pourrait être déterminante. L’électricité constitue en effet un facteur essentiel pour les ménages, les entreprises et les services publics. Une énergie plus stable et moins chère pourrait soutenir l’activité industrielle, améliorer la compétitivité des entreprises et favoriser l’émergence de nouveaux investissements.

Investissement de 557,5 milliards de FCFA

Le projet d’interconnexion Cameroun-Tchad représente toutefois un investissement considérable. Son coût est évalué à 557,5 milliards de FCFA, ce qui en fait l’un des grands projets énergétiques susceptibles de transformer durablement le paysage électrique tchadien.

Du côté tchadien, les travaux doivent s’étaler sur 21 mois. Si le calendrier annoncé est respecté, les premiers échanges d’énergie pourraient débuter vers la mi-2028.

L’enjeu sera désormais de transformer cette ambition en résultats concrets. Car au-delà des infrastructures, la réussite du projet dépendra de la capacité du Tchad à assurer l’entretien des équipements, à moderniser son réseau de distribution et à garantir une gestion efficace de l’énergie importée.

Sortir du cercle des pénuries

L’interconnexion avec le Cameroun ne réglera pas, à elle seule, toutes les difficultés du secteur. Elle peut néanmoins constituer un levier important pour réduire les délestages et élargir progressivement l’accès à l’énergie.

Le véritable défi sera donc de faire de cette nouvelle capacité un outil de développement et non une simple réponse aux urgences. Pour le Tchad, l’électricité ne doit plus être considérée comme un luxe réservé à quelques quartiers ou aux grandes entreprises. Elle doit devenir une infrastructure de base, accessible, fiable et suffisamment compétitive pour accompagner la transformation économique du pays.

À l’horizon 2028, l’importation de 100 MW depuis le Cameroun pourrait ainsi marquer un tournant. Mais, pour que cette puissance supplémentaire change réellement le quotidien des tchadiens, N’Djamena devra simultanément investir dans son propre réseau, diversifier ses sources d’énergie et améliorer la gouvernance du secteur.

Martin HIGDE NDOUBA

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