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Dengue : onze morts pour réveiller Allah Maye Halina

Avec 3 846 cas suspects, 299 cas confirmés et 11 décès recensés au 22 octobre 2026, l’épidémie de dengue place les autorités tchadiennes face à l’urgence sanitaire. La réunion interministérielle présidée par le Premier ministre, Allah Maye Halina, soulève une question essentielle : pourquoi la mobilisation gouvernementale prend-elle une telle ampleur alors que le bilan humain s’alourdit ?

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Onze morts, puis la mobilisation gouvernementale

Il a fallu que les décès s’accumulent pour que la riposte gouvernementale soit placée au centre de l’agenda politique. Jeudi 22 octobre, le Premier ministre, l’ambassadeur Allah Maye Halina, a présidé une réunion interministérielle consacrée à la progression de la dengue et au renforcement des mesures de lutte.

Selon le bilan présenté par le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, 3 846 cas suspects ont été enregistrés dans six provinces : l’Ennedi Ouest, le Batha, le Ouaddaï, le Sila, le Wadi-Fira et N’Djaména. Parmi eux, 299 ont été confirmés, tandis que 11 décès ont été déplorés.

Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques. Ils traduisent une urgence sanitaire qui exige des moyens, une surveillance épidémiologique efficace et une communication publique régulière. La question n’est donc pas seulement de savoir comment enrayer la maladie, mais aussi pourquoi la prévention n’a pas permis de contenir plus tôt sa progression.

Maladie connue,prévention à renforcer

La dengue est une infection virale transmise principalement par la piqûre de moustiques femelles Aedes aegypti infectés. Elle est présente dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales, notamment en Afrique. Les eaux stagnantes dans les récipients, les pneus usagés et les déchets abandonnés peuvent favoriser la reproduction des moustiques.

La lutte ne peut donc se limiter aux réunions administratives. Elle doit se traduire par des opérations régulières d’assainissement, l’élimination des gîtes larvaires, des campagnes de sensibilisation et un accès rapide au diagnostic. La dengue peut provoquer une forte fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires ou articulaires. Les formes graves peuvent entraîner des complications mortelles.

Le Premier ministre a appelé à une mobilisation générale, insistant sur les pulvérisations terrestres et aériennes, la prévention et l’assainissement. Mais ces annonces devront être suivies d’actions mesurables sur le terrain.

Burkina Faso, expérience à méditer

Le Burkina Faso offre un précédent instructif. En 2023, le pays a connu une flambée majeure de dengue, avec 146 878 cas suspects, 67 658 cas probables et 688 décès recensés au début de janvier 2024. Les autorités avaient notamment renforcé la surveillance, facilité l’accès aux tests de diagnostic rapide, intensifié les pulvérisations et organisé des actions d’information auprès des journalistes et des influenceurs.

Cette expérience montre qu’une riposte doit associer les structures sanitaires, les collectivités, les médias et les citoyens. Elle rappelle également que la pulvérisation, à elle seule, ne suffit pas : la destruction des gîtes larvaires et la continuité de la prévention sont essentielles.

De l’urgence à l’anticipation

Au Tchad, le défi consiste désormais à transformer les décisions en résultats. Les populations ont besoin de consignes claires, de structures capables de diagnostiquer rapidement la maladie et d’une prise en charge adaptée. Les autorités doivent aussi publier régulièrement des bilans actualisés pour mesurer l’évolution de l’épidémie.

Allah Maye Halina peut appeler à la mobilisation générale, mais celle-ci ne doit pas rester un slogan de circonstance. Une politique sanitaire efficace se juge à sa capacité à prévenir les crises, et non uniquement à organiser des réunions lorsqu’elles deviennent meurtrières.

Face à la dengue, le véritable enjeu est d’éviter que les onze décès annoncés ne soient que le début d’un bilan plus lourd. La prévention doit devenir une politique permanente, et non une réaction tardive à l’urgence.

Martin HIGDE NDOUBA

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