Crise électrique à N’Djaména : le grand test raté de TchadElec
À N’Djaména, plusieurs quartiers sont plongés dans l’obscurité depuis plus de trois jours. Une situation paradoxale dans un pays dont la capacité de production dépasse les 300 mégawatts, et qui relance le débat sur l’efficacité de la transition entre la SNE et TchadElec.
Une capitale à l’arrêt
À N’Djaména, le quotidien s’est brusquement assombri. Depuis plus de 72 heures, des dizaines de quartiers subissent des coupures d’électricité prolongées, sans calendrier précis ni communication claire. Dans une ville où les températures peuvent grimper rapidement, ces interruptions plongent les habitants dans une situation critique.
Les conséquences sont multiples : denrées alimentaires avariées, activités commerciales paralysées. À N’Djaména, les petits entrepreneurs, déjà fragiles, sont parmi les premiers touchés
A lire aussi : Sans salle de cinéma, le Tchad regarde son cinéma mourir en silence
Une réforme aux promesses fragiles
La transformation de la Société Nationale d’Électricité en TchadElec avait pourtant suscité de nombreux espoirs. Présentée comme une réforme structurelle majeure, elle promettait une amélioration notable de la distribution et une réduction drastique des délestages.
Officiellement, les coupures ne devaient plus excéder quelques heures, sauf en cas de panne technique majeure. Mais la persistance de délestages dépassant largement une journée interroge. Pour beaucoup, le changement d’appellation n’a pas encore produit les effets attendus.
Production suffisante, distribution défaillante
Avec une capacité nationale estimée à environ 300,5 mégawatts, la question n’est pas uniquement celle de la production. À N’Djaména, les difficultés semblent davantage liées à la vétusté des réseaux, au manque d’entretien des infrastructures et à des problèmes de gestion.
Ce décalage entre capacité annoncée et service rendu met en lumière les failles structurelles du secteur énergétique tchadien. À N’Djaména, les coupures actuelles apparaissent ainsi comme le symptôme d’un système sous tension.
Au-delà de la gêne quotidienne, la crise actuelle à N’Djaména soulève des enjeux plus profonds. L’accès à une électricité fiable conditionne le développement économique, l’attractivité des investissements et la qualité de vie des populations.
Face à la répétition des délestages , les attentes sont fortes. Les usagers réclament des réponses, mais surtout des solutions concrètes. Sans une réforme réellement opérationnelle et des investissements ciblés, N’Djaména risque de rester prisonnière d’un cycle de coupures qui freine durablement son essor.
Martin HIGDE NDOUBA