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COLOSS : le réveil tardif d’un État face à un fléau

Le ministère tchadien du Commerce a annoncé l’interdiction totale du COLOSS, produit présenté comme un stupéfiant aux effets psychotropes dangereux. Une décision qui intervient alors que les alertes sur la circulation de ce produit et ses conséquences sur la santé se multiplient. Au-delà de l’interdiction, c’est désormais la capacité de l’État à prévenir, contrôler et sanctionner qui est questionnée.

Interdiction qui sonne comme un aveu

L’annonce est tombée comme un coup de frein. Le COLOSS est désormais interdit sur l’ensemble du territoire tchadien. Les autorités justifient cette mesure par les effets psychotropes du produit et les risques qu’il ferait peser sur la santé des consommateurs.

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Sur le papier, la décision paraît évidente. Lorsqu’un produit est considéré comme dangereux, son retrait du marché relève de la responsabilité première des pouvoirs publics. Mais dans les rues et les quartiers, une interrogation demeure : pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

Car l’interdiction ne constitue que la première étape. Elle devra être suivie de contrôles effectifs, notamment dans les points de vente où certains produits circulent parfois sans véritable traçabilité.

Jeunesse au cœur des inquiétudes

Derrière le débat sur le COLOSS, se dessine une problématique plus large : celle de l’exposition des jeunes à des substances dont la composition, les effets et les circuits de distribution restent parfois difficiles à contrôler.

Dans un pays où une grande partie de la population est jeune, la question ne peut être traitée uniquement sous l’angle répressif. La prévention, l’information et l’éducation sanitaire doivent accompagner les mesures d’interdiction.

Car bannir un produit ne suffit pas à faire disparaître la demande. Si les consommateurs ne sont pas sensibilisés aux dangers, d’autres substances peuvent rapidement prendre sa place.

Après l’interdiction, le contrôle

L’interdiction du COLOSS pose désormais le défi de son application. Les autorités devront surveiller les circuits d’importation, les marchés, les commerces et les réseaux informels afin d’empêcher la poursuite de sa commercialisation clandestine.

Le risque est connu : lorsqu’un produit devient interdit sans dispositif de contrôle suffisamment robuste, il peut simplement basculer dans l’économie souterraine.

L’État devra donc aller au-delà des communiqués. Il faudra identifier les fournisseurs, démanteler les réseaux de distribution et sanctionner les contrevenants, tout en protégeant les consommateurs.

Une bataille qui dépasse le COLOSS

Le débat autour du COLOSS révèle finalement une faiblesse plus profonde : la difficulté à anticiper certains phénomènes de santé publique avant qu’ils ne prennent de l’ampleur.

L’interdiction est nécessaire, mais elle ne doit pas être l’aboutissement de la réponse publique. Elle devrait plutôt marquer le début d’une politique plus ambitieuse contre les produits psychotropes et les nouvelles formes de dépendance.

Pour l’État tchadien, le véritable enjeu commence maintenant : transformer cette interdiction en action durable. Car face aux produits dangereux, se réveiller tardivement peut coûter cher.

Martin HIGDE NDOUBA

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