Colonel Moubarak: celui qui faisait rire le Tchad aujourd’hui abandonné
Connu sous le pseudonyme Colonel Moubarak Djerbété, Youssouf Mahamat Harab est l’un des piliers de la culture tchadienne. Par son humour, il a fait rire et réfléchir des générations. Pourtant, aujourd’hui, Colonel Moubarak se retrouve abandonné, frappé par une grave pathologie de la tête du fémur. Malgré ses démarches répétées auprès des institutions médicales et administratives, aucune réponse concrète ne lui est parvenue.
L’ironie de son sort choque : un homme qui a apporté tant de joie à ses concitoyens est désormais laissé à la merci de l’indifférence institutionnelle. Colonel incarne la fragilité des artistes au Tchad, qui brillent sur scène mais sombrent dans l’oubli dès que la maladie frappe.
L’appel de Colonel Moubarak à la population
Face à l’impasse des circuits officiels, Colonel se tourne vers la population et les personnes de bonne volonté. “J’ai tout essayé, quatre correspondances sans suite”, confie-t-il avec une inquiétude palpable. Ce cri de détresse n’est pas seulement celui d’un homme, mais celui d’un système qui laisse mourir ses artistes dans le silence et l’indifférence.
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Il est scandaleux que, dans un pays où les hommages posthumes sont rapides mais les actions concrètes lentes, Colonel Moubarak doit supplier pour des soins vitaux.
Le cas de Colonel Moubarak rappelle à tous que la culture n’est pas un luxe, mais un patrimoine vivant qu’il faut protéger. Trop d’artistes au Tchad meurent en attendant un secours hypothétique des autorités. Il est temps que Colonel Moubarak et ses pairs reçoivent un soutien réel, avant qu’il ne soit trop tard.
Martin HIGDE NDOUBA