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Chômage au Tchad : quand la survie crée de nouvelles compétences

Au Tchad, la montée du chômage pousse de nombreux jeunes à chercher des voies alternatives pour survivre et construire leur avenir. Dans les rues de N’Djamena comme dans les provinces, les petits ateliers de réparation de téléphones portables se multiplient, attirant une jeunesse en quête d’autonomie.

Un métier né de la nécessité

Face au chômage persistant, beaucoup se tournent vers l’apprentissage de métiers techniques accessibles sans grands moyens. La réparation de téléphones, portée par l’explosion de l’usage du mobile, apparaît comme une réelle opportunité. Un tournevis, quelques outils de base et surtout un savoir-faire suffisent souvent pour démarrer.

Seidou Abramane, diplômé en géographie, en est l’illustration. « Je suis devenu réparateur après l’obtention de ma licence, j’ai appris auprès d’un cousin », confie-t-il. Comme lui, ils sont nombreux à trouver dans cette activité une source de revenus stable. Pour beaucoup, ce métier est une réponse concrète au chômage.

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L’apprentissage sur le tas

Dans plusieurs quartiers, ces réparateurs improvisés ou formés sur le tas gagnent peu à peu la confiance des clients. Écrans cassés, batteries défectueuses, téléphones tombés à l’eau : chaque panne devient une opportunité. Cette dynamique montre que le chômage peut aussi stimuler l’ingéniosité et l’esprit d’entreprise.

Si ces initiatives soulagent le chômage chez certains jeunes, elles révèlent aussi la capacité d’adaptation d’une génération confrontée à la rareté de l’emploi formel. Beaucoup rêvent d’ouvrir de véritables boutiques, voire de former à leur tour d’autres jeunes.

En attendant, la réparation de téléphones s’impose comme un rempart individuel contre le chômage, transformant les difficultés du marché de l’emploi en opportunités de débrouillardise et de dignité.

Martin HIGDE NDOUBA

 

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