Burkina Faso : 200 hectares pour défier la dépendance
En lançant la phase pilote du projet agro-industriel Faso ZOM sur 200 hectares, le Burkina Faso envoie un signal fort à toute l’Afrique. Au-delà d’un simple projet agricole, Ouagadougou fait le pari de la souveraineté alimentaire comme fondement de l’indépendance économique. Une stratégie qui pourrait inspirer les États africains confrontés à une dépendance croissante aux importations alimentaires.
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Quand 200 hectares deviennent un symbole politique
Le Burkina Faso ne cache plus ses ambitions. Ce samedi 25 juillet 2026, la Société Coopérative avec Conseil d’Administration Faso Nekre PTCC/SA a officiellement lancé la phase pilote de son projet agro-industriel Faso ZOM sur 200 hectares à Gouéra, dans la région de Tannounyan. Derrière cette première étape se dessine une vision de long terme : bâtir une agriculture capable de nourrir le pays tout en créant de la valeur ajoutée.
Adossée à l’initiative présidentielle pour l’autosuffisance alimentaire, cette opération n’est pas seulement un investissement agricole. Elle traduit une volonté politique de replacer la terre au cœur du développement national. Les 200 hectares inaugurés aujourd’hui constituent le point de départ d’un programme qui prévoit d’étendre les superficies cultivées jusqu’à 15 000 hectares d’ici à 2040, avec un accent particulier sur la production, la transformation et la commercialisation du maïs.
Dans un contexte où les crises internationales perturbent régulièrement les chaînes d’approvisionnement, produire localement n’est plus un choix idéologique mais une nécessité stratégique.
Souveraineté alimentaire, nouvelle frontière de l’indépendance
L’expérience burkinabè dépasse largement les frontières du pays. Depuis plusieurs années, de nombreux États africains consacrent des milliards à l’importation de produits alimentaires alors qu’ils disposent d’immenses terres cultivables encore sous-exploitées. Les 200 hectares de Gouéra rappellent qu’une politique agricole ambitieuse commence souvent par une décision politique forte.
L’Afrique possède les ressources naturelles, une jeunesse disponible et un potentiel agricole reconnu. Pourtant, le continent continue de dépendre des marchés extérieurs pour nourrir une partie importante de sa population. Cette contradiction fragilise sa souveraineté économique et limite sa capacité à résister aux crises mondiales.
En investissant progressivement jusqu’à 15 000 hectares, le Burkina Faso fait le choix de transformer cette richesse foncière en levier de développement. Les 200 hectares inaugurés ne représentent donc pas seulement une exploitation agricole, mais le laboratoire d’une stratégie de résilience nationale.
La leçon mérite d’être entendue ailleurs sur le continent. Il ne peut y avoir de véritable souveraineté sans indépendance alimentaire. Les pays africains disposent des terres, des ressources hydriques et du savoir-faire nécessaires pour produire davantage. Les 200 hectares de Faso ZOM démontrent qu’une autre trajectoire est possible lorsque la volonté politique accompagne les investissements.
À terme, si cette initiative atteint ses objectifs, les 200 hectares d’aujourd’hui pourraient être retenus comme le point de départ d’une transformation agricole majeure. Car l’avenir de l’Afrique ne se joue pas uniquement dans ses mines ou ses hydrocarbures, mais aussi dans sa capacité à faire de ses champs le socle de sa prospérité et de sa liberté économique.
Martin HIGDE NDOUBA

