Bongor: Allah Maye Halima face à la promesse électrique
À Bongor, dans le Mayo-Kebbi Est, le lancement des centrales solaires hybrides sonne comme une bonne nouvelle dans un pays où l’électricité reste un luxe pour beaucoup. Sous l’impulsion du Premier ministre Allah Maye Halima, le Tchad affiche sa volonté d’investir dans une énergie plus stable, moins dépendante du tout-diesel et mieux adaptée à son potentiel solaire.
Sur le papier, le projet est séduisant : des mégawatts solaires, du stockage par batteries, un appui thermique pour la continuité. Des chiffres, des partenaires financiers comme la Banque africaine de développement, des délais, des promesses. Bref, tout ce qui compose l’architecture classique des grands projets de développement.
Mais au Tchad, les populations ont appris à lire entre les lignes des communiqués officiels.
L’électricité, question de justice sociale
L’accès à l’énergie n’est pas un luxe, c’est un droit de développement. À Bol comme à Biltine, l’attente est immense. Les populations ne réclament pas des mégawatts théoriques, mais de la lumière réelle.
Allah Maye Halima le sait : chaque projet énergétique devient un baromètre de confiance entre gouvernants et gouvernés. Et cette confiance s’est érodée fil des années.

Confier les travaux à TRAGEDEL est une étape technique. Le véritable défi est institutionnel : suivi, maintenance, transparence. Trop de projets en Afrique brillent au départ puis s’essoufflent dans l’indifférence administrative.
Allah Maye Halima joue ici une carte politique majeure. Si les centrales fonctionnent durablement, elles deviendront un symbole de progrès. Dans le cas contraire, elles risquent de rejoindre la longue liste des projets inachevés.
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Entre lumière et vérité
Le soleil tchadien est abondant, mais la crédibilité publique est fragile. Les citoyens jugeront sur pièces, pas sur discours. Allah Maye Halima ne sera pas évalué sur la pose de la première pierre, mais sur l’arrivée effective du courant dans les foyers.
Car au fond, l’enjeu dépasse l’énergie : il touche à la parole de l’État. Et dans un pays où les promesses ont souvent été coupées comme l’électricité, chaque kilowatt livré devient un acte politique.
Allah Maye Halima porte désormais cette responsabilité devant l’histoire et devant les citoyens.
Martin HIGDE NDOUBA
