Basket-ball : temps des paniers à ciel ouvert est révolu
Lors de sa visite au lycée Félix Éboué, le président Mahamat Idriss Déby Itno a esquissé quelques gestes de proximité avec les jeunes, dont un tir à trois points. Au-delà de l’image, cette séquence pose une question concrète : N’Djamena est-elle enfin prête à offrir au Basket-ball un véritable plateau digne de ses pratiquants ?
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Terrain attendu depuis trop longtemps
Le Basket-ball tchadien n’est pas une discipline nouvelle. Depuis plusieurs décennies, des jeunes s’y consacrent avec passion, souvent dans des conditions qui contrastent avec leur engagement. À N’Djamena, les joueurs ont longtemps appris à dribbler, tirer et défendre sur des installations rudimentaires, parfois à ciel ouvert et exposées aux intempéries.
Pourtant, le talent ne manque pas. Des générations de basketteurs ont représenté le pays dans différentes compétitions et certains ont décroché des médailles. Des entraîneurs se sont formés, des clubs ont continué à exister et des jeunes ont fait du sport un espace d’éducation, de discipline et de socialisation. Mais comment demander à une discipline de progresser lorsqu’elle ne dispose pas d’infrastructures adaptées ?
Le symbole du trois points
Le tir effectué par le chef de l’État au lycée Félix Éboué peut rester une simple séquence protocolaire. Il peut aussi devenir le symbole d’une décision plus concrète : construire un véritable plateau de Basket-ball à N’Djamena.
Le président Mahamat Idriss Déby Itno connaît l’importance du sport dans la jeunesse et a, à plusieurs reprises, affiché sa proximité avec les pratiquants. Cette proximité avec les basketteurs ne devrait cependant pas se limiter aux images et aux encouragements. Elle peut se traduire par des investissements durables dans les infrastructures.
Un terrain moderne, accessible et sécurisé serait bien davantage qu’une dalle et quelques paniers. Ce serait un espace où les jeunes pourraient s’entraîner régulièrement, organiser des compétitions et développer leurs talents dans de meilleures conditions.
Transformer l’émotion en décision
Le Basket-ball mérite de sortir du modèle des infrastructures vieillissantes et des installations insuffisantes. Dans une capitale où la jeunesse représente une part importante de la population, chaque équipement sportif peut contribuer à encadrer les jeunes et à renforcer la pratique sportive.
La construction d’un plateau couvert pourrait également permettre d’organiser davantage de compétitions nationales et internationales, tout en donnant aux clubs un cadre permanent d’entraînement. Elle constituerait un investissement dans la jeunesse autant que dans le sport.
Le trois points du président ne doit donc pas seulement faire sourire les spectateurs. Il peut devenir le point de départ d’un projet concret. Après des décennies de pratique à ciel ouvert, les basketteurs tchadiens attendent moins de promesses que d’un véritable espace pour jouer.
Le Basket-ball tchadien a produit des talents malgré les limites des infrastructures. La question est désormais simple : que pourrait-il produire avec des équipements à la hauteur de ses ambitions ? À N’Djamena, le panier est là, les joueurs aussi. Reste à construire le terrain.
Martin HIGDE NDOUBA


