Autonomisation des femmes : au-delà des discours
À N’Djamena, la Maison Nationale de la Femme et la Plateforme Mondiale des Femmes Entreprenantes (PLAMFE) viennent de sceller un partenariat destiné à renforcer l’autonomisation des femmes. Au-delà de la signature officielle, l’enjeu est désormais de transformer les engagements en opportunités économiques concrètes pour des milliers de tchadiennes.
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L’autonomisation des femmes reste l’un des grands défis du développement au Tchad. Entre difficultés d’accès au financement, manque de formation, poids des inégalités sociales et faible présence dans certains secteurs économiques, de nombreuses femmes continuent de se battre pour transformer leurs idées en véritables activités génératrices de revenus.
C’est dans ce contexte que la Maison Nationale de la Femme et la Plateforme Mondiale des Femmes Entreprenantes (PLAMFE) ont signé, le 3 septembre 2026 à N’Djamena, un protocole d’accord de partenariat.
La Directrice générale de la Maison Nationale de la Femme, Mme Menodji Rita, et Mme Macka Cherif Mahamat, représentante de la PLAMFE, ont ainsi officialisé une coopération qui ambitionne de donner un nouvel élan à l’autonomisation économique et sociale des femmes tchadiennes.
Partenariat pour passer des discours aux opportunités
Sur le papier, les ambitions sont nombreuses. Les deux institutions souhaitent promouvoir l’entrepreneuriat féminin, renforcer les capacités des femmes, faciliter leur accès aux opportunités économiques et soutenir les initiatives portées par les entrepreneures.
L’accord prévoit également des actions dans les domaines de la formation, de l’accompagnement, de la mise en réseau et de la valorisation des projets féminins.
Une orientation qui répond à une réalité bien connue : créer une entreprise ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir accéder au financement, maîtriser les outils de gestion, développer son réseau et trouver des marchés.
C’est précisément là que la question de l’autonomisation prend tout son sens. Car permettre aux femmes de créer leurs propres revenus, c’est aussi renforcer leur indépendance économique et leur capacité à participer pleinement aux décisions qui concernent leur avenir.
Entrepreneuriat féminin, un potentiel encore sous-exploité
Au Tchad, les femmes sont présentes dans le commerce, l’agriculture, l’artisanat et les services. Pourtant, une grande partie de leurs activités demeure informelle et fragile.
Le défi consiste donc à faire évoluer ces initiatives vers des entreprises plus structurées, capables de créer de la richesse et, demain, des emplois.
La coopération entre la Maison Nationale de la Femme et la PLAMFE pourrait ainsi contribuer à créer un cadre plus favorable à cette autonomisation, notamment par le partage d’expériences et l’ouverture vers de nouveaux réseaux.
Pour Mme Menodji Rita, ce partenariat s’inscrit dans une volonté de multiplier les opportunités offertes aux femmes et de favoriser leur épanouissement économique et social.
Défi de la concrétisation
Mais comme souvent au Tchad, la signature d’un protocole ne sera qu’une première étape. La véritable mesure du succès réside dans les résultats obtenus sur le terrain.
Combien de femmes seront formées ? Combien de projets bénéficieront d’un accompagnement ? Combien d’entrepreneures accéderont-elles réellement à des financements ? C’est à ces questions que devra répondre cette nouvelle alliance.
En faisant de l’autonomisation un axe central de cette coopération, les deux partenaires s’inscrivent également dans la vision des autorités tchadiennes, qui présentent la participation économique des femmes comme un levier majeur du développement national.
Car l’autonomisation des femmes ne peut rester un slogan institutionnel. Elle doit devenir une réalité économique, sociale et quotidienne. C’est à cette condition que l’entrepreneuriat féminin pourra véritablement changer d’échelle au Tchad.
Martin HIGDE NDOUBA

