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Au rythme des enterrements, où va le quinquennat ?

Alors que la sécurité figure parmi les priorités affichées des « 12 chantiers et 100 actions », les conflits communautaires continuent de faire des victimes à travers le pays. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, les affrontements se multiplient et soulèvent une question douloureuse : combien de vies faudra-t-il encore perdre avant la fin de ce quinquennat ?

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Une hémorragie qui ne s’arrête pas

Le Tchad continue de payer un lourd tribut aux conflits communautaires. Chaque semaine ou presque, des affrontements éclatent entre communautés autour de l’accès à la terre, à l’eau, aux couloirs de transhumance ou encore à d’autres ressources vitales. Derrière les chiffres se cachent des drames humains : des familles endeuillées, des villages traumatisés et des populations contraintes de vivre dans la peur.

Pourtant, au début de ce quinquennat, la sécurité figurait parmi les grandes priorités annoncées. L’ambition était claire : garantir la paix, renforcer la cohésion sociale et protéger les citoyens. Mais sur le terrain, les réalités semblent raconter une autre histoire.

Des discours face à une réalité inquiétante

À chaque nouvelle tragédie, les condamnations officielles se succèdent. Les autorités promettent des enquêtes, des sanctions et des mesures de prévention. Cependant, les mêmes scènes se répètent avec une régularité alarmante. Les populations, elles, assistent impuissantes à cette succession de violences.

La question devient alors légitime : à quoi ressemblera le bilan sécuritaire de ce quinquennat si cette dynamique n’est pas rapidement inversée ? Les discours rassurants peinent à convaincre lorsque les cimetières continuent de s’agrandir et que les tensions demeurent vives dans plusieurs provinces.

La terre et l’eau, sources de tensions persistantes

Dans un contexte marqué par la pression démographique, les effets du changement climatique et la raréfaction de certaines ressources, les différends autour de la terre et de l’eau prennent une ampleur inquiétante. Ce qui aurait pu être réglé par la médiation ou le dialogue se transforme parfois en affrontements meurtriers.

Durant ce quinquennat, plusieurs mécanismes de prévention ont été évoqués. Pourtant, les résultats tardent à se faire sentir. Les communautés attendent davantage qu’un simple constat : elles réclament des solutions durables, capables d’anticiper les crises plutôt que de les gérer après coup.

L’urgence d’agir

Au-delà des statistiques, chaque victime représente une perte pour la nation. Aucun développement durable ne peut être envisagé dans un climat de méfiance et de violence. À mesure que ce quinquennat avance, l’urgence d’agir devient de plus en plus évidente.

La paix ne se décrète pas, elle se construit. Si rien n’est fait pour freiner cette spirale, la fin du quinquennat risque de laisser derrière elle un bilan humain difficile à accepter. Et lorsque viendra l’heure des comptes, une question demeurera : combien de morts auront encore été enregistrés avant la fin de ce quinquennat ?

Martin HIGDE NDOUBA

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