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Abdou SAMB : « La jeunesse africaine n’est pas un cadeau, c’est un levier »

À l’approche de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, la question de la place de la jeunesse africaine revient au cœur du débat continental. Pour Abdou SAMB, la reconnaissance d’une « septième région » de l’Union africaine ne doit surtout pas rester un symbole : elle doit donner aux jeunes une voix, des ressources et un véritable pouvoir d’action.

Après la diaspora, la jeunesse

Dans les prochains jours, les dirigeants africains prendront la parole à New York, du 22 au 28 septembre, autour du thème de la paix, du développement durable et de la dignité humaine. Mais, pour Abdou SAMB, impossible de parler de l’avenir du continent sans donner une place concrète à sa jeunesse.

En février 2026, lors de la 39e session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine à Addis-Abeba, il avait déjà défendu cette idée. Après avoir reconnu la diaspora comme « sixième région » en 2003, l’organisation panafricaine devrait, selon lui, franchir une nouvelle étape : reconnaître officiellement sa jeunesse comme « septième région ».

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Cette proposition a depuis gagné du terrain. Le 16 juin, à Johannesburg, plus d’un millier de jeunes Africains l’ont reprise à leur compte. La Fondation portée par Abdou SAMB a ensuite poursuivi les consultations, notamment à Bujumbura, lors des célébrations consacrées aux vingt ans de la Charte africaine de la jeunesse.

Reconnaissance qui ne doit pas rester symbolique

L’enjeu, insiste Abdou SAMB, dépasse la simple création d’un nouveau statut. L’expérience de la diaspora doit servir de leçon. La « sixième région » a constitué une avancée historique, mais son influence institutionnelle demeure limitée, notamment en matière de pouvoir décisionnel et de ressources.

La même erreur ne doit pas être reproduite avec la jeunesse. Celle-ci représente plus de 60 % de la population africaine, alors que les moins de 35 ans restent largement sous-représentés dans les institutions continentales.

Pour Abdou SAMB, créer une « septième région » n’aurait donc de sens qu’à condition de lui garantir une véritable capacité d’initiative, des ressources propres et des mécanismes transparents permettant d’évaluer son action.

Du symbole au pouvoir d’agir

Le défi est également celui du mérite. La jeunesse ne saurait être représentée uniquement par cooptation ou par réseaux. Une nouvelle architecture institutionnelle devrait ouvrir l’accès aux responsabilités sur la base des compétences et de l’engagement.

La médiane d’âge en Afrique est de 19 ans, tandis que celle des dirigeants politiques est nettement plus élevée. Cet écart traduit un décalage générationnel que les institutions ne peuvent éternellement ignorer.

La « septième région » ne doit donc pas être un cadeau offert à la jeunesse, mais un mécanisme permettant de construire son avenir. Abdou SAMB résume l’enjeu : un siège n’a de valeur que s’il constitue un commencement.

À New York, l’Afrique parlera au monde. Mais, pour Abdou SAMB, elle doit aussi être capable de se parler à elle-même. La véritable question n’est plus seulement de reconnaître la jeunesse, mais de lui permettre de peser réellement sur les décisions qui engagent son avenir.

Amina Kabo Djarma

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