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Tchad/ENSTP : 60 ans d’existence, mais où sont nos ingénieurs des travaux publics ?

Ce vendredi 19 décembre 2025, l’École nationale supérieure des Travaux publics (ENSTP) a célébré  ses soixante ans d’existence au ministère des Affaires étrangères. L’événement se veut solennel, symbolique, porteur de mémoire et d’espoir. Pourtant, derrière les discours officiels et les hommages, une interrogation persiste : à quoi ont servi ces six décennies si les chantiers publics du pays restent majoritairement dirigés par des ingénieurs expatriés, au détriment des cadres formés par l’ENSTP ?

 ENSTP, une mission inachevée

Créée pour accompagner le développement infrastructurel du pays, l’ENSTP devait être un pilier de la souveraineté technique nationale. Routes, ponts, bâtiments administratifs, ouvrages hydrauliques : l’école avait pour vocation de fournir à l’État des ingénieurs capables de concevoir, planifier et superviser ces projets structurants. Or, sur le terrain, la réalité est tout autre. Les compétences locales existent, mais elles restent marginalisées, souvent cantonnées à des rôles secondaires.

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Des chantiers confiés à l’expertise étrangère

Tchad/ENSTP : 60 ans d’existence, mais où sont nos ingénieurs des travaux publics ?
Sur de nombreux chantiers publics, la direction technique est confiée à des ingénieurs expatriés. Une réalité visible et assumée, mais qui interroge profondément le rôle réel de l’ENSTP dans la politique nationale des infrastructures. Comment expliquer qu’après six décennies d’existence, les compétences locales soient encore reléguées au second plan ?

Soixante ans ne doivent pas être un aboutissement, mais un tournant. Il est temps d’imposer des réformes claires : priorité aux compétences nationales, obligation d’intégration des ingénieurs locaux dans les projets publics, responsabilisation réelle des diplômés de l’ENSTP. Sans cela, les anniversaires se succéderont, les discours se répètent, et le pays continuera à se construire sans ses propres bâtisseurs.

Un État qui aspire au développement ne peut pas éternellement sous-traiter son avenir. L’ingénieur tchadien doit devenir un acteur central, pas un figurant. À 60 ans, l’ENSTP est face à son destin : rester un symbole honoré mais inefficace, ou devenir enfin le levier concret de la construction nationale. L’histoire jugera.

Martin  HIGDE NDOUBA

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