Vaccination antipaludique : le Burkina Faso s’attaque au fléau avec une stratégie inédite
Le Burkina Faso se prépare à une étape décisive dans la lutte contre le paludisme en lançant une campagne de vaccination antipaludique à l’échelle nationale à partir du 15 août 2025.
Cette initiative cible les enfants âgés de 5 à 23 mois et marque un tournant dans la protection des plus vulnérables.
Un déploiement progressif et stratégique
Cette campagne fait suite à une phase pilote réussie menée depuis février 2024 dans 27 districts sanitaires, utilisant le vaccin RTS,S. L’extension à l’échelle nationale couvrira les 43 districts restants avec le vaccin R21/Matrix-M. Le déploiement s’achèvera en janvier 2026, date à laquelle seul le vaccin R21 sera utilisé dans les 70 districts sanitaires du pays.
D’après Vouanda Somé, conseiller de santé à la direction de la prévention par le vaccin, ce choix est motivé par la disponibilité accrue et le coût plus avantageux du R21, et non par une différence d’efficacité. Les deux vaccins sont reconnus comme sûrs et efficaces par l’OMS.

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La nécessité d’une vaccination antipaludique est mise en évidence par les chiffres alarmants de 2024 au Burkina Faso : 10 805 020 cas notifiés et 3 523 décès. Les enfants de moins de cinq ans ont été particulièrement touchés, représentant près de 30 % des cas et plus de 62 % des décès, soulignant l’urgence de cette nouvelle stratégie. Au total, 1,7 million de doses du vaccin R21 sont prévues pour ce déploiement, visant à réduire significativement l’impact de la maladie.
Coût, financement et mesures complémentaires
Le coût total de l’opération s’élève à 7 068 176 883 FCFA, financé par l’État burkinabè et plusieurs partenaires, dont GAVI, l’OMS, l’UNICEF, l’USAID, JHPIEGO, Malaria Consortium et PATH. La vaccination antipaludique sera entièrement gratuite pour la population.

Malgré l’introduction du vaccin, les autorités sanitaires rappellent que la vaccination antipaludique est un outil complémentaire aux mesures de prévention existantes. L’utilisation de moustiquaires imprégnées et l’assainissement de l’environnement demeurent essentielles. Selon Vouanda Somé, le déploiement progressif du vaccin a déjà permis de constater une réduction des cas dans les zones pilotes.
Afin d’assurer le succès de cette campagne de vaccination antipaludique, le ministère de la Santé et ses partenaires ont organisé un atelier de sensibilisation avec la presse à Ziniaré le 11 août 2025.
L’objectif est de mobiliser les journalistes et les leaders d’opinion pour qu’ils jouent un rôle actif dans la promotion de l’adhésion communautaire et la lutte contre les fausses informations.
CAROL SAWADOGO