CENOZO : 30 journalistes burkinabè formés sur les enquêtes liées au financement du terrorisme
La CENOZO (Cellule nationale de presse Norbert-Zongo) a organisé, du 27 au 30 octobre 2026 à Koudougou, un atelier de formation au profit de 30 journalistes burkinabè. En collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cette initiative vise à renforcer leurs compétences en matière d’investigation sur les trafics illicites et les mécanismes de financement du terrorisme au Burkina Faso et au Sahel.
Des journalistes formés aux techniques d’investigation
Organisée dans le cadre du projet « édification d’une paix durable : appui au renforcement des capacités du Burkina Faso à comprendre, prévenir et contrer la menace du financement du terrorisme », cette formation a permis à la CENOZO de renforcer les capacités des professionnels des médias sur plusieurs aspects de l’investigation.
Durant quatre jours, les participants ont été outillés sur les méthodes et mécanismes de financement du terrorisme, les techniques d’enquête sur les trafics illicites, la cybersécurité et la protection des sources. Ils ont également appris à collecter et analyser des documents financiers afin de mieux identifier les circuits économiques qui alimentent les groupes terroristes.

Pour le coordonnateur de la CENOZO, Arnaud Ouédraogo, cette initiative vise à donner aux journalistes les moyens de mieux comprendre les économies illicites. Il a expliqué que les investigations journalistiques doivent contribuer à dénoncer ces pratiques, à sensibiliser les populations et à fournir davantage de visibilité aux autorités pour orienter leurs actions.

Dans sa communication, Arnaud Ouédraogo a insisté sur plusieurs étapes essentielles d’une enquête, notamment le choix du sujet, la définition de l’angle de traitement, la formulation des hypothèses, la cartographie des sources et l’élaboration du plan d’investigation.
Il a également présenté les outils d’investigation en sources ouvertes (OSINT), qui permettent de géolocaliser certains phénomènes et d’exploiter des images satellitaires sans se rendre dans les zones à risque.
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Les mécanismes de financement du terrorisme au cœur des échanges
La formation a également abordé l’analyse des données financières. La formatrice Elza Sandrine Sawadogo a expliqué comment les journalistes peuvent rechercher des informations sur les entreprises, identifier leurs propriétaires réels et vérifier les personnes ayant signé certains documents. Elle a attiré leur attention sur l’exploitation des rapports financiers, parfois volumineux et rédigés en anglais.

L’expert du PNUD, Losséni Cissé, a pour sa part présenté les principaux mécanismes de financement des groupes terroristes au Burkina Faso et au Sahel. Il a cité l’extorsion de fonds, les rackets, les rançons, les enlèvements, ainsi que les trafics de personnes, de drogue, de carburant, de bétail et de médicaments.

Pour le représentant du gouverneur de la région de Nando, Blaise Zongo, la lutte contre le financement du terrorisme ne concerne pas uniquement les forces de sécurité et les autorités judiciaires.
Les journalistes y jouent aussi un rôle à travers leurs investigations sur les réseaux criminels et les circuits financiers illicites. Une contribution que la CENOZO entend renforcer à travers le développement des compétences des professionnels des médias.
Bibata NAON