Baguirmi : Mbang Hadji, sultan détrôné par les siens
Réunis le 12 septembre à N’Djamena au sein de la Caisse du Grand Baguirmi, des filles et fils du Chari-Baguirmi ont annoncé retirer leur allégeance à Mbang Hadji. Une déclaration qui ouvre une nouvelle séquence de contestation autour de l’autorité traditionnelle du sultan.
Allégeance retirée
Le Grand Baguirmi vient de faire entendre une voix discordante. Réunis à N’Djamena le 12 septembre 2026, des ressortissants du Chari-Baguirmi, regroupés au sein de la Caisse du Grand Baguirmi, ont annoncé ne plus reconnaître Mbang Hadji dans ses fonctions de sultan.
Dans leur déclaration, les participants affirment également ne plus lui accorder leur allégeance. Ils justifient cette décision par ce qu’ils présentent comme un comportement « très mauvais envers ses concitoyens ». Une prise de position qui, au-delà de la formule, touche directement à la question de la légitimité traditionnelle.
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La contestation vise une personnalité qui cumule plusieurs responsabilités de premier plan. Mbang Hadji est présenté comme sultan du Baguirmi, premier vice-président du Sénat tchadien et général de division. Autant de fonctions qui donnent à cette affaire une portée qui dépasse le seul cadre coutumier.
Pour les signataires de la déclaration, ces responsabilités ne semblent toutefois pas suffire à maintenir le lien d’allégeance avec les populations concernées. Mbang Hadji se retrouve ainsi confronté à une contestation provenant précisément de ceux qui revendiquent une appartenance au Baguirmi.
La question est désormais de savoir quelle portée institutionnelle et coutumière peut avoir cette déclaration. Le retrait d’allégeance annoncé constitue-t-il une simple expression de mécontentement ou traduit-il une fracture plus profonde au sein de la communauté ? Les éléments disponibles ne permettent pas encore de trancher.
Le sultanat face à la contestation
Dans les chefferies traditionnelles, l’autorité repose autant sur la reconnaissance institutionnelle que sur l’adhésion des communautés. Lorsqu’une partie des ressortissants conteste publiquement un chef, la portée symbolique du geste peut devenir importante.
Dans le cas de Mbang Hadji, la situation est d’autant plus sensible que son statut traditionnel se superpose à des responsabilités politiques et militaires. Cette concentration de fonctions place nécessairement le débat sur un terrain plus large : celui du rapport entre autorité traditionnelle, représentation politique et attentes des populations.
La déclaration du 12 septembre ne signifie donc pas automatiquement une destitution juridique ou administrative. Elle traduit, à ce stade, une contestation collective revendiquée par les membres réunis à N’Djamena.
Pour Mbang Hadji, l’enjeu sera désormais de savoir si cette fronde restera circonscrite à une déclaration ou si elle s’élargira. Dans le Baguirmi, l’allégeance traditionnelle est désormais publiquement mise à l’épreuve.
Martin HIGDE NDOUBA
